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Évolutions des salaires - 2004

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Country: 
EU Level
Author: 
Mark Carley

Cette étude des tendances de l’évolution des salaires en 2003 et 2004 conclut à la baisse des augmentations moyennes des salaires nominaux négociées collectivement au sein de l’UE25, passant de 4,2% en 2003 à 4,0% en 2004 (avec toutefois des variations importantes entre pays), ce qui s’inscrit dans l’alignement d’une tendance constante à la baisse. Si l’on tient compte de l’inflation, le taux d'augmentation réelle a régressé plus fortement, passant de 1,8% en 2003 à 1,0% en 2004. Si l'augmentation moyenne des salaires nominaux négociée est restée inchangée à 3,1% en 2004 dans l''ancienne' UE15, elle a, par contre, baissé dans les 10 nouveaux États membres, qui ont adhéré à l’Union en mai 2004, passant de 5,9% en 2003 à 5,4% en 2004. L'image globale est celle d'une tendance constante à la modération salariale. Cette étude analyse également les augmentations de salaire négociées collectivement dans des secteurs sélectionnés (industrie chimique, commerce de détail et fonction publique), les augmentations des revenus moyens et les salaires minima (plus les taux salariaux minima) et les inégalités salariales entre les sexes.

Fondé sur les contributions fournies par ses centres nationaux, le présent rapport annuel (ou la présente mise à jour) de l'Observatoire européen des relations industrielles (EIRO) vise à fournir une indication générale et globale des tendances des augmentations salariales en 2003 et 2004 au sein des États membres de l'UE, de deux pays candidats (Bulgarie et Roumanie) et de la Norvège.

Nous n’avons pas pour ambition de présenter des comparaisons scientifiques des systèmes salariaux, l’EIRO n’étant pas un service de statistiques et les salaires constituant un domaine où les comparaisons internationales sont particulièrement difficiles. Cette difficulté de comparaison s'explique par les différences présentées par les mécanismes nationaux d’élaboration des salaires, les relations industrielles, la fiscalité et la sécurité sociale, ainsi que les moyens divergents utilisés pour la collecte et la présentation des statistiques sur les salaires. Néanmoins, compte tenu de l’importance clé des salaires, nous présentons ces indications générales sur l’évolution salariale récente en attirant l’attention sur les problèmes, les mises en garde et les réserves. Les chiffres fournis seront interprétés avec la prudence qui s'impose au regard des différentes notes et explications qui les accompagnent.

Augmentations salariales moyennes négociées collectivement

La négociation collective joue un rôle essentiel dans la fixation des salaires dans l'ensemble des pays étudiés ici (TN0401101F). Deux tiers environ de la main-d’œuvre de l’UE étendue bénéficient d’une rémunération et de conditions fixées par des conventions collectives, du moins dans une certaine mesure, cette proportion étant toutefois nettement moins grande dans plusieurs des nouveaux États membres (par exemple, l’Estonie et la Lettonie) et au Royaume-Uni et plus grande dans certains États membres de l’UE15 (par exemple, la France, la Belgique, la Suède, la Finlande et l’Italie). Le rôle joué par la négociation collective dans la détermination des salaires diffère largement selon les pays. Ainsi, les niveaux de négociation différents (intersectoriels, sectoriels, par entreprise, etc.) exercent des influences différentes, tandis que l’importance de la négociation dans la détermination des salaires varie considérablement entre les secteurs de l’économie et les groupes de travailleurs.

La figure 1 ci-dessous présente les chiffres relatifs à des augmentations nominales moyennes des salaires de base convenues par la négociation collective dans chaque pays (ou un indicateur globalement équivalent lorsque ces chiffres ne sont pas disponibles). Dans la mesure du possible, les chiffres couvrent l’ensemble de l’économie bien qu'il existe des exceptions (voir les notes sous la figure). Dans un certain nombre de cas, les données ne sont pas encore disponibles pour l’ensemble de l’année 2004. Les variations entre les chiffres de 2003 présentés ici et ceux figurant dans la mise à jour de l’EIRO sur l’évolution des salaires pour 2003 (TN0403103U) s’expliquent principalement par le remplacement des chiffres provisoires ou partiels par des données plus fiables et, dans certains cas, par des modifications dans les données utilisées, lorsque des sources plus appropriées ont été identifiées. (Dans cette figure et les suivantes, les données sont classées par ordre de grandeur [de la plus élevée à la plus faible] en 2004. Les pays pour lesquels aucun chiffre n’est disponible en 2004 sont classés en fonction des données 2003 comparées aux chiffres des autres pays pour 2004.)

Les différences considérables dans les mécanismes de formation des salaires nationaux et les systèmes de relations industrielles sont illustrées par les diverses façons dont sont obtenues les augmentations indiquées dans la figure 1. La convention collective libre, essentiellement (mais pas entièrement dans tous les cas) au niveau sectoriel, joue le rôle principal en Autriche, à Chypre, au Danemark, en France, en Allemagne, en Italie, aux Pays-Bas, en Norvège, au Portugal, en Slovaquie, en Espagne et en Suède. En Belgique, en Finlande, en Irlande, en Roumanie (2003), en Slovénie et en Espagne, la fixation des augmentations appropriées ou la définition des lignes directrices pour des négociations de niveau inférieur résultent d’accords intersectoriels nationaux. Au Royaume-Uni et dans la majorité des nouveaux États membres et des pays candidats, c’est la négociation au niveau de l’entreprise (ou la négociation à des niveaux inférieurs au sein de l’entreprise) qui prédomine. Dans plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, notamment en Bulgarie, en Estonie, en Lettonie et en Pologne, les faibles niveaux de couverture des négociations ou l’absence de collecte systématique de données empêchent la production de chiffres sur les augmentations salariales moyennes négociées collectivement (d’autres indicateurs sont donc utilisés dans la figure 1). L’indexation automatique des salaires représente une proportion importante des augmentations en Belgique et au Luxembourg. Le rôle des augmentations mentionnées dans le tableau varie également: dans des pays comme l’Autriche, le Danemark, la France et l’Italie, les augmentations citées sont des minima sectoriels, soumis ensuite à une négociation à un échelon inférieur (ou bien, comme dans le cas en Autriche, il y a application d’augmentations salariales réelles négociées au niveau sectoriel), alors que dans des pays à négociation décentralisée comme le Royaume-Uni, les chiffres représentent plutôt les augmentations effectives.

Ces réserves et d’autres mises à part, les points suivants se dégagent de la figure 1. Nous étudions dans un premier temps les 15 États membres d’avant mai 2004 et la Norvège (pas encore de données disponibles pour la France en 2004).

  • En 2003, les augmentations salariales nominales ont varié entre 4,5% en Norvège (bien que ce chiffre concerne les augmentations salariales totales et englobe d'autres éléments que les seules augmentations générales négociées collectivement) et 2,1% en Belgique. Des augmentations de 4% et plus ont été enregistrées dans trois pays, des augmentations de 3 à 4% dans cinq pays et des augmentations de 2 à 3 % dans huit pays. L’augmentation moyenne s’est située à 3,1% (3,0% dans l’UE15 seule).
  • En 2004, les augmentations salariales nominales ont varié entre 6,0% en Grèce (ce chiffre renvoie à l’augmentation des taux minima fixés dans une convention intersectorielle) et 1,3% aux Pays-Bas. Des augmentations de 4% et plus ont été enregistrées dans deux pays, des augmentations de 3 à 4% dans cinq pays, des augmentations de 2 à 3 % dans six pays et des augmentations de 1 à 2% dans deux pays. L’augmentation moyenne s’est située à 3,1% (3,0% dans l’UE15 seule).
  • L’augmentation moyenne est donc restée stationnaire de 2003 à 2004 après une baisse de 3,8% en 2001 à 3,5% en 2002 et à 3,1% en 2003. Il semble donc que cette tendance à la modération salariale, amorcée en 2002, se soit poursuivie en 2004 bien qu’elle se soit aplanie.
  • En termes de convergence possible, la fourchette entre les augmentations les plus élevées et les plus faibles s’est réduite, passant de 5,4 points de pourcentage en 2001 à 3,6 points en 2002 et 2,4 points en 2003. Elle a toutefois augmenté de 4,7 points en 2004. Les augmentations en 2003 se sont situées dans l'ensemble des pays, à l’exception de la Norvège, à plus ou moins un point de différence par rapport à l’augmentation moyenne globale. En 2004, cette observation ne s’est toutefois appliquée qu'à onze des pays pour lesquels on dispose d’informations.
  • Le calcul de la moyenne des augmentations annuelles sur la période quinquennale de 2000 à 2004 permet de répartir les 16 pays dans les différentes catégories suivantes: les pays à 'faible' augmentation salariale, enregistrant une augmentation moyenne comprise entre 2% et 3% (Autriche, Danemark, Finlande, France, Allemagne et Italie); les pays à 'moyenne' augmentation salariale, enregistrant une augmentation moyenne de 3% à 4% (Belgique, France, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède et Royaume-Uni) et les pays à 'forte' augmentation salariale nominale où l’augmentation moyenne a été supérieure à 4% (Grèce, Irlande, Luxembourg et Norvège). L’augmentation annuelle globale des salaires sur la période quinquennale considérée s’est élevée en moyenne à 3,3%.
  • Les tendances des augmentations salariales divergent d’un pays à l’autre. Alors que l’augmentation moyenne a baissé de 2003 à 2004 dans neuf des quinze pays pour lesquels on dispose de chiffres pour les deux années (avec une modération salariale particulièrement marquée aux Pays-Bas, en Finlande, en Norvège, en Espagne et en Allemagne), après la tendance à une baisse globale, le taux d’augmentation s'est accru dans cinq pays (essentiellement en Grèce et en Belgique) et est resté stable dans un pays. Si l’on examine la période quinquennale à partir de 2000, la tendance moyenne globale, à savoir, une hausse des augmentations de 2000 à 2001, suivie d’une baisse de 2002 à 2004, s’est reflétée dans des proportions variables en Autriche, en France, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Portugal. Ceci est également vrai pour la Belgique et l’Irlande jusqu’en 2003, après quoi ces deux pays ont dérogé à la tendance globale à la baisse. La Suède et, dans une moindre mesure, le Danemark ont maintenu un pourcentage élevé de stabilité sur l’ensemble de la période. En dehors de cela, quelques pays ont connu une tendance claire à des augmentations salariales nominales, avec en général des variations à la hausse et à la baisse d’une année à l’autre. Concernant l’ampleur des variations des augmentations annuelles entre 2000 et 2004, les pays enregistrant la plus grande stabilité semblent être la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni, l’Autriche, le Luxembourg, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie (dans tous les cas, l’écart entre l’augmentation annuelle la plus élevée et la plus faible est inférieur à un point de pourcentage), les moins stables étant l’Irlande, les Pays-Bas et la Grèce.

Si l’on ne tient compte que des 12 pays de la zone euro (aucune donnée disponible pour la France en 2003), le tableau est le suivant.

  • En 2003, les augmentations salariales nominales ont varié de 4,0% en Irlande et au Luxembourg à 2,1% en Belgique. Des augmentations égales ou supérieures à 4% ont été enregistrées dans deux pays, des augmentations de 3% à 4% dans trois pays et des augmentations de 2% à 3% dans sept pays. L’augmentation moyenne s’est située à 3,1%.
  • En 2004, les augmentations salariales nominales ont varié de 6,0% (l’augmentation des taux minima est fixée par une convention nationale) en Grèce et de 1,3% aux Pays-Bas. Des augmentations de 4% et plus ont été enregistrées dans deux pays, des augmentations de 3 à 4% dans trois pays, des augmentations de 2 à 3 % dans quatre pays et des augmentations de 1 à 2% dans deux pays. L’augmentation moyenne s’est située à 3,1%.
  • Ces chiffres indiquent que l’augmentation salariale nominale moyenne dans les pays de la zone euro a été identique à celle plus large de l’UE15/Norvège au cours des deux années, mais légèrement supérieure (de 0,1 point) à la moyenne de l’UE15.

Pour en revenir aux dix nouveaux États membres qui ont adhéré à l’UE en 2004, les principales caractéristiques sont les suivantes.

  • En 2003, les augmentations des salaires nominaux ont varié de 10,9% en Lettonie à 1,5% à Chypre. Les augmentations enregistrées ont été de 10% et plus dans un pays, de 5 à 10% dans cinq pays, de 2 à 5% dans trois pays et inférieure à 2% dans un pays. L’augmentation moyenne s’est située à 5,9%.
  • En 2004, les augmentations des salaires nominaux ont varié de 9,4% en Lettonie à 1,6% à Malte. Aucun pays n’a enregistré d’augmentation supérieure ou égale à 10%. Une augmentation de 5 à 10% a, par contre, été notée dans six pays, de 2 à 5% dans trois pays et de moins de 2% dans un pays. L’augmentation moyenne s’est située à 5,5%.
  • L’augmentation moyenne des salaires dans les 10 nouveaux États membres a ainsi été largement supérieure à celle de l’'ancienne' UE (plus la Norvège) tant en 2003 qu’en 2004. L’écart s’est toutefois réduit, passant de 2,8 points de pourcentage à 2,4. En 2002, l’augmentation moyenne dans les pays qui étaient alors candidats à l’adhésion (à l’exception de la République tchèque et de la Lituanie pour lesquelles on ne dispose d’aucune information) a été de 6,5%, soit 3,0 points au-dessus de la moyenne de l’'ancienne' UE. Dans l’ensemble, les tendances salariales dans les nouveaux États membres semblent donc converger à la baisse vers celles de l’ancienne UE.
  • Malgré la diminution de 0,4 point de l’augmentation salariale moyenne dans les nouveaux États membres entre 2002 et 2003, la tendance à la baisse est loin d'avoir été uniforme, le pourcentage d’augmentation s’accroissant en Pologne, à Chypre, en Lituanie et en Hongrie. La tendance à la baisse la plus forte a été observée en Estonie (le chiffre de 2004 utilisé pour ce pays étant incomplet, il est toutefois probable que le niveau final d’augmentation sera supérieur), en Slovénie et en Lettonie. En 2003 comme en 2004, les augmentations notées à Chypre et à Malte ont été inférieures à la moyenne de l’UE15.

L’adhésion de la Bulgarie et de la Roumanie à l’UE n’est pas prévue avant 2007. Les augmentations en Bulgarie ont été légèrement supérieures à la moyenne des nouveaux États membres de l’UE en 2003 comme en 2004, tandis que celles de la Roumanie (dont les tendances salariales semblent ne pas suivre le rythme des pays qui ont adhéré à l’UE en mai 2004) ont été nettement supérieures, en particulier en 2003 (malgré l’inflation très élevée enregistrée cette année-là).

S'agissant de l’UE25 élargie dans son ensemble, les augmentations salariales moyennes négociées ont été de 4,2% en 2003 et 4,0% en 2004 contre 4,4% en 2002 (à l’exception de la République tchèque et de la Lituanie), ce qui traduit une tendance constante à la baisse. L’inclusion des nouveaux États membres a poussé l’augmentation moyenne de l’Union vers le haut, mais l’écart entre le chiffre de l’UE15 et celui de l’UE25 s’est légèrement réduit, passant de 1,2 point de pourcentage en 2003 à 1,0 point en 2004, suggérant une atténuation de l’effet dans le temps.

Enfin, les augmentations moyennes pour l’ensemble des pays examinés (28 en 2003 et 27 en 2004) sont restées à 5,6% en 2003, tombant à 4,4% en 2004.

Figure 1. Augmentations salariales moyennes négociées collectivement en 2003 et 2004 (%)

Figure 1. Augmentations salariales moyennes négociées collectivement en 2003 et 2004 (%)

Source: EIRO * France non comprise dans le chiffre de 2004

Les chiffres de la figure 1 doivent être lus en relation avec les notes suivantes.

  • Autriche: les chiffres proviennent de l’index des salaires minima négociés communiqués par l’institut des statistiques (Statistik Austria) et font référence à la majorité des conventions collectives conclues chaque année en automne.
  • Belgique: les chiffres concernent uniquement les ouvriers (les chiffres équivalents pour les employés étaient de 1,9% en 2003 et 2,2% en 2004) ; les chiffres représentent globalement les augmentations salariales obtenues par convention collective, qui sont de 0,4% en 2003 et 1,4% en 2004 pour les ouvriers (0,1% en 2003 et 0,9% en 2004 pour les employés), majorées de l’indexation automatique des salaires et des effets de la réduction du temps de travail ; les chiffres émanent du SPF Emploi, Travail et Concertation sociale/FOD Werkgelegenheid, Arbeid en Sociaal Overleg et concernent les années complètes jusqu’en décembre.
  • Bulgarie: aucun chiffre disponible concernant les augmentations salariales moyennes fixées par convention collective (couverture incomplète des négociations); les statistiques fournies par l’Institut national de statistique (INS) portent sur les augmentations moyennes des revenus; le chiffre pour 2004 correspond à l’augmentation sur les neuf premiers mois.
  • Chypre: le chiffre de 2003 provient de la Fédération panchypriote du travail (PEO) ; le chiffre de 2004 est une estimation (fourchette de 2,0% à 2,2%) communiquée par la Fédération des employeurs et des industriels (FEI).
  • République tchèque: extraits du système d’information sur les conditions de travail (SICT), les chiffres font référence aux augmentations nominales négociées dans les conventions collectives d’entreprise (le principal niveau de négociation); la Confédération tchéco-moravienne (Ceskomoravská konfederace odborových svazù, CMKOS) estime à 4,0% en 2004 l’augmentation nominale moyenne dans les conventions collectives de plus haut niveau signées par ses affiliés.
  • Danemark: il n’existe aucun chiffre global disponible; les chiffres utilisés sont liés au principal accord sectoriel industriel, qui gère le système de 'salaire minimum', suivant lequel les conventions sectorielles ne déterminent que des taux minimaux, les négociations locales donnant ensuite lieu à des augmentations supplémentaires; les chiffres représentent les augmentations horaires minimales à partir du mois de mars de chaque année.
  • Estonie: on ne dispose d'aucun chiffre concernant les augmentations salariales moyennes fixées par convention collective (le recueil des données en est encore au stade du développement et la couverture des négociations est faible); les statistiques fournies correspondent aux augmentations enregistrées dans une enquête sur les salaires réalisée par l’Office des statistiques estonien (Statistikaamet, ESA); le chiffre de 2004 représente l’augmentation au cours des trois premiers trimestres par comparaison avec les trois premiers trimestres de 2003; on peut s’attendre à un chiffre annuel plus élevé puisque les augmentations sont généralement supérieures au cours du quatrième trimestre.
  • Finlande: les chiffres font référence à l’augmentation annuelle moyenne des coûts salariaux dans le cadre de l’accord central de politique des revenus 2003-2004 qui prévoyait: en 2003, une augmentation salariale générale d’EUR 0,17 par heure ou EUR 28,39 par mois à partir du mois de mars avec une augmentation minimale de 1,8%, ainsi que 0,8% de plus en fonction de la répartition sectorielle et un 'élément d’égalité' de 0,3% payable au titre de l’équilibre entre les hommes et les femmes dans chaque secteur; et en 2004, une augmentation générale d’EUR 0,16 par heure ou EUR 26,72 par mois à partir de mars avec une augmentation minimale de 1,7% plus 0,5% supplémentaire pour la répartition sectorielle.
  • France: le chiffre de la Direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) du ministère de l'Emploi se rapporte à l’augmentation annuelle pondérée des grilles salariales établies par conventions collectives sectorielles (le chiffre équivalent pour 2002 était de 3,1%); l’augmentation médiane des grilles de salaires établies par conventions collectives sectorielles en 2003 était de 2,8% (2,6 % en 2002).
  • Allemagne : les chiffres proviennent des archives des conventions collectives de l’Institut des sciences économiques et sociales (Wirtschafts- und Sozialwissenschaftliches Institut, WSI) et représentent l’augmentation moyenne annuelle des salaires fixée par convention collective, par salarié.
  • Grèce: les chiffres se rapportent aux augmentations des taux minima telles qu’elles ont été définies dans les conventions collectives générales nationales de 2002-2003 et 2004-2005.
  • Hongrie: SOURCE?
  • Irlande: le chiffre de 2003 ne fait référence qu’au secteur privé et représente la première augmentation de 3% dans le cadre de l’accord salarial national Sustaining Progress[Soutenir le progrès] (SP) de 18 mois (2003-2004) couvrant les neuf premiers mois de l’accord, plus la moitié de l’augmentation de 2% pour les six mois suivants de l’accord; le chiffre de 2004 concerne uniquement le secteur privé et représente la seconde moitié de la seconde augmentation de 2% prévue au titre du premier accord SP plus la dernière augmentation de 2% plus les premiers 1,5% accordés sous le second accord SP (qui a également octroyé aux salariés les moins bien payés une augmentation de 0,5% supplémentaire); différents arrangements salariaux s’appliquent au titre d’accords nationaux dans le secteur public avec des augmentations moyennes totalisant 5,0% en 2003 et 11,5% en 2004.
  • Italie: les chiffres proviennent de l’indice des salaires mensuels de l’Institut national des statistiques (Istituto Nazionale di Statistica, Istat) et sont basés sur le contenu de conventions collectives sectorielles nationales (incluant le salaire de base, les primes de pause, les primes mensuelles et autres primes payées régulièrement dans le courant de l’année); le chiffre de 2004 représente l’augmentation de janvier à novembre par comparaison avec la même période en 2003.
  • Lettonie: aucun chiffre n’est disponible concernant les augmentations salariales moyennes fixées par conventions collectives; les statistiques fournies par le Bureau central de statistique (Centrala statistikas parvalde, CSP), portent sur les augmentations moyennes des rémunérations et salaires nets des salariés; le chiffre de 2004 concerne l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • Lituanie: aucun chiffre disponible pour l’augmentation de salaire moyenne négociée par convention collective; les statistiques communiquées par le département lituanien des statistiques (Lietuvos statistikos departamentas) concernent des augmentations du revenu brut; le chiffre de 2004 couvre l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • Luxembourg: pas de statistiques officielles disponibles; les chiffres représentent la moyenne de la fourchette estimée des augmentations salariales, plus une indexation salariale automatique de 2,5% chaque année (à partir d’août 2003 et d’octobre 2004).
  • Malte: les chiffres, qui proviennent de l’enquête économique effectuée par la division de Politique économique du gouvernement (Economic Policy Division), concernent les 12 mois jusqu’en septembre de chaque année.
  • Pays-Bas: les chiffres ont été communiqués par l’Inspection du travail (Arbeidsinspectie).
  • Norvège: il n’existe pas de chiffres fiables sur les augmentations salariales de base négociées collectivement pour tous les travailleurs; les chiffres donnés, obtenus auprès du comité de calcul technique pour la détermination des revenus (Teknisk Beregningsutvalg, TBU), représentent une estimation des augmentations salariales annuelles (y compris les effets de dérive salariale et du 'report' des années précédentes); pour 2004, le TBU annonce un chiffre de 3¾%.
  • Pologne: on ne dispose d’aucun chiffre concernant les augmentations salariales moyennes fixées par conventions collectives; les chiffres de l’Office central de la statistique (Glówny Urzad Statystyczny, GUS) concernent des augmentations des revenus moyens; le chiffre 2004 porte sur l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • Portugal: les chiffres de la direction générale de l’emploi et des relations de travail (Direcção Geral do Emprego e das Relações de Trabalho, DGERT) du ministère de la Sécurité sociale et du Travail font référence aux conventions collectives publiées chaque année.
  • Roumanie: les chiffres de 2003 concernent l'augmentation arrêtée dans la 'convention collective nationale unique tripartite' qui fixe un cadre de base minimal pour les conditions d’emploi; le chiffre de 2004 renvoie à l’augmentation salariale minimale nationale imposée par le gouvernement (après l’échec des négociations sur la convention collective nationale unique).
  • Slovaquie: le chiffre de 2003 est une estimation de l’EIRO; le chiffre de 2004 est extrait du système d’information sur les conditions de travail, Trexima Bratislava.
  • Slovénie: extraits du Journal officiel de la République de Slovénie (Uradni list Republike Slovenije), les chiffres ne portent que sur le secteur privé; les chiffres équivalents pour le secteur public étaient de 5,0% en 2003 et 1,2% en 2004.
  • Espagne: les chiffres proviennent des publications statistiques sur l'emploi du ministère du Travail et des Affaires sociales (MTAS) et portent sur les périodes de janvier à décembre 2003 et janvier à novembre 2004.
  • Suède: les chiffres représentent une estimation fondée sur les conventions triennales conclues dans le cadre du cycle de négociations du secteur privé en 2001 et 2004, dont 0,5% correspondant à l’effet estimé de la réduction du temps de travail chaque année; aucun chiffre officiel n’est disponible pour les augmentations de salaire moyennes négociées collectivement, mais les données basées sur les chiffres des employeurs, qui sont communiquées par l’Autorité de médiation (Medlingsinstitutet), situent les augmentations de salaire pour les ouvriers et les employés dans l’économie générale à 3,5% en 2003 et 3,2% en 2004.
  • Royaume-Uni: les chiffres sont extraits du Workplace Report[rapport sur le lieu de travail] du département de recherche sur le travail (Labour Research Department, LRD) et concernent douze mois jusqu’en octobre.

Augmentations salariales réelles

La figure 1 ci-dessus concerne les augmentations salariales nominales. Pour donner une indication des augmentations salariales réelles, la figure 2 ci-dessous ajuste les augmentations en tenant compte de l’inflation, en soustrayant les taux annuels de l’inflation respectivement pour les périodes de décembre 2002 à décembre 2003 et de décembre 2003 à décembre 2004 tels qu’ils sont calculés conformément à l’Index harmonisé des prix à la consommation d’Eurostat (HICP).

Aucun chiffre de ce type n’étant disponible pour la Bulgarie et la Roumanie, des sources nationales sont utilisées, en l'occurrence l'Institut national de statistique et l'Institut des statistiques nationales respectivement. Pour l’UE25 dans son ensemble, l’inflation a commencé à croître en 2004, passant d’une moyenne de 1,9% pour la période de décembre 2002 à décembre 2003 à une moyenne de 2,4% sur la période de décembre 2003 à décembre 2004. L’UE15 a été le témoin d’une augmentation similaire, passant de 1,8% à 2,2%.

Figure 2. Augmentations salariales moyennes négociées collectivement, ajustées pour tenir compte de l'inflation, en 2003 et 2004 (%)

Figure 2. Augmentations salariales moyennes négociées collectivement, ajustées pour tenir compte de l'inflation, en 2003 et 2004 (%)

Source: EIRO et Eurostat * le chiffre de 2004 concerne la période de novembre 2003 à novembre 2004. ** La France n'est pas comprise dans le chiffre de 2004.

Concernant tout d'abord l’UE15 et la Norvège, la figure 2 affiche les tendances suivantes.

  • En 2003, les travailleurs concernés ont bénéficié d’augmentations salariales réelles dans tous les pays à l’exception de l’Italie (bien que le chiffre d’augmentation salariale utilisé pour l’Italie représente des minima, accrus par des négociations subséquentes). En 2004, l’inflation a dépassé l’augmentation salariale nominale dans trois pays, en l’occurrence en Autriche, en Allemagne et en Espagne.
  • En 2003, les augmentations salariales réelles ont varié de 4,4% en Norvège (on notera toutefois que ce chiffre concerne les augmentations salariales totales et englobe d'autres éléments que les seules augmentations générales négociées par convention collective) à -0,3% en Italie, soit une fourchette plus large que celle observée pour les augmentations nominales. Les augmentations enregistrées ont été supérieures ou égales à 2% dans un pays, comprises entre 1% et 2% dans dix pays, inférieures à 1% dans quatre pays et égales à environ -1% dans un pays. L’augmentation moyenne s’est située à 1,3%. Cependant, si l’on exclut la Norvège, non membre de l’UE, où l’augmentation en 2003 a été particulièrement élevée, la fourchette des augmentations réelles n’a varié que de 1,9% (au Royaume-Uni) à -0,3% (en Italie) avec une augmentation moyenne de 1,0% seulement.
  • En 2004, la fourchette des augmentations salariales réelles a varié de 2,9% en Grèce à -0,3% en Italie, une fourchette nettement plus étroite qu’en 2003 et inférieure à celle trouvée pour les augmentations nominales en 2004. Quatre pays ont enregistré des augmentations de 2% et plus, quatre pays des augmentations de 1 à 2%, quatre autres des augmentations de 0 à 1% et trois autres enfin une diminution pouvant aller jusqu’à -1%. L’augmentation moyenne s’est située à 1,0% (0,9% sans la Norvège).
  • L’augmentation réelle moyenne a donc chuté de 0,3 point de pourcentage de 2003 à 2004 contre aucun changement pour le salaire nominal, ce qui traduit un degré de modération légèrement supérieur en termes réels. La baisse du pourcentage d’augmentation réelle a marqué la fin d’une tendance à la hausse qui a débuté en 2001. Le taux d’augmentation salariale réelle de 2003 à 2004 a chuté dans neuf pays (essentiellement en Norvège et en Allemagne), mais a augmenté dans six (essentiellement en Grèce, en Suède et en Belgique). Au cours de la période quinquennale de 2000 à 2004, seules quelques tendances peuvent être discernées au niveau des augmentations réelles des salaires dans les pays étudiés. En termes d’ampleur des variations des augmentations annuelles sur la période de 2000 à 2004, qui a tendance a être considérablement plus élevée que pour les augmentations salariales nominales, les pays qui semblent afficher la plus grande stabilité sont le Portugal et le Royaume-Uni (où l’écart entre l’augmentation annuelle la plus élevée et la plus faible est égal à un point de pourcentage), alors que les moins stables sont l’Allemagne, l’Irlande et la Norvège (3 points de pourcentage, voire plus).
  • Si l’on fait la moyenne des augmentations réelles annuelles des salaires sur la période quinquennale de 2000 à 2004, les 16 pays peuvent être répartis comme suit: pays à taux d’augmentation salariale réelle 'négatif', dont la moyenne des augmentations salariales a été inférieure à zéro (Italie et Espagne); pays à taux d’augmentation salariale réelle 'faible', dont la moyenne des augmentations salariales a été inférieure à 1% (Autriche, Danemark, Allemagne, Pays-Bas et Portugal); pays à taux d’augmentation salariale réelle 'moyen', dont la moyenne des augmentations salariales a varié entre 1% et 2% (Belgique, Finlande, France, Grèce, Irlande, Luxembourg, Suède et Royaume-Uni); et pays à taux d’augmentation salariale réelle 'élevé', dont la moyenne des augmentations salariales est de l’ordre de 2% et plus (Norvège).

Si l’on ne tient compte que des pays de la zone euro, les constatations suivantes peuvent être faites.

  • En 2003, les augmentations salariales réelles ont varié de 1,7% en Finlande à -0,3% en Italie. Sept pays ont enregistré une augmentation de 1% et plus, quatre ont observé une augmentation de moins de 1% et un pays une diminution allant jusqu’à -1%. L’augmentation moyenne s’est située à 1,0%, ce qui est légèrement inférieur à la moyenne de 1,3% de l’ensemble UE15/Norvège.
  • En 2004, les augmentations salariales réelles ont varié de 2,9% en Grèce à -0,4% en Autriche. Deux pays ont enregistré une augmentation de plus de 2%, deux pays, une augmentation de 1% à 2%, quatre pays, une augmentation de moins de 1% et trois pays, une diminution jusqu’à -1%. L’augmentation moyenne s’est située à 0,7% contre 0,3 point de pourcentage en dessous de la moyenne globale de 0,9% de l’UE15/Norvège.
  • L’augmentation réelle moyenne a donc chuté de 0,3 point de pourcentage de 2003 à 2004 (la même baisse que dans la moyenne globale de l’UE15/Norvège) contre aucun changement dans les augmentations salariales nominales.
  • Ces chiffres indiquent qu’en 2003 et 2004 (comme en 1998-2002), les augmentations salariales réelles ont été inférieures dans les pays de la zone euro que dans la région plus large formée par l’UE15 et la Norvège.

Si l’on tient compte des dix nouveaux États membres, les caractéristiques principales sont les suivantes:

  • en 2003, les augmentations salariales réelles ont varié de 8,2% en Estonie à -1,8% en Slovaquie. Des augmentations de 5% et plus ont été relevées dans trois pays, des augmentations de 2% à 5% dans deux pays, des augmentations jusqu’à 2% dans trois pays et des diminutions dans deux pays. L’augmentation moyenne s’est située à 2,9%.
  • En 2004, les augmentations salariales réelles ont varié de 4,5% en Lituanie à -1,8% à Chypre. Des augmentations de 2 à 5% ont été enregistrées dans trois pays, des augmentations jusqu’à 2% dans cinq pays et des diminutions dans deux pays. L’augmentation moyenne s’est située à 1,2%.
  • Malgré la baisse globale de l’augmentation salariale réelle moyenne au sein des nouveaux États membres entre 2003 et 2004 (essentiellement en Estonie et en Lettonie), le pourcentage d’augmentation s’est accru dans deux pays (Hongrie et Slovaquie).
  • L’augmentation salariale réelle moyenne dans les dix nouveaux États membres a donc dépassé celle de l’UE15 (plus la Norvège) tant en 2003 qu’en 2004. L’écart s’est toutefois considérablement réduit, passant de 1,6 point de pourcentage à 0,2 point. Ce rétrécissement du fossé était déjà évident en 2002, la première année où l’EIRO a commencé à inclure les États membres, suggérant qu’à l’instar du salaire nominal, les tendances salariales réelles dans les nouveaux États membres à l’approche de leur adhésion et au-delà ont convergé à la baisse vers ceux de l’UE15.

Sur les deux pays candidats inclus, le salaire réel négocié en Bulgarie a augmenté très légèrement en 2003 et plus fort en 2004 avec des chiffres qui ne sont pas inhabituels selon les normes de l’UE. Quant à la Roumanie, elle a enregistré une très forte augmentation en 2003, suivie d’une augmentation nettement moins importante en 2004.

Considérant l’UE dans son ensemble, l’augmentation salariale moyenne négociée collectivement, ajustée de façon à tenir compte de l’inflation, s’est située à 1,8% en 2003 et 1,0% en 2004. L’inclusion des nouveaux États membres a donc poussé l’augmentation moyenne de l’Union vers le haut de 1,0 point en 2003, mais de 0,1 point seulement en 2004, ce qui suggère que la convergence de l’augmentation salariale réelle peut devancer la convergence de l’augmentation salariale nominale.

Enfin, les augmentations réelles moyennes pour tous les pays examinés (28 en 2003 et 27 en 2004) se sont situées à 2,6% en 2003, baissant à 1,2% en 2004.

Augmentations salariales négociées collectivement par secteur

Passant d’une perspective globale à une approche sectorielle individuelle, nous communiquons ci-dessous les chiffres des augmentations salariales négociées collectivement dans des secteurs sélectionnés de façon à représenter l’industrie manufacturière (produits chimiques), les services (commerce de détail) et le secteur public (fonction publique centrale). Si ces chiffres plus spécifiques sont probablement plus précis que les augmentations moyennes générales notifiées au chapitre précédent, il reste conseillé de les interpréter avec la plus grande prudence et de lire attentivement les notes qui accompagnent chaque tableau.

Certains facteurs doivent être pris en compte lors de la comparaison des données relatives aux augmentations salariales sectorielles attendu qu'ils reflètent souvent les différences observées dans les systèmes de relations industrielles nationales. Ces facteurs sont les suivants:

  • les chiffres ont été obtenus de diverses façons: il s’agit généralement de l’augmentation de base prévue dans l’accord sectoriel pertinent le plus récent, mais dans certains cas, les chiffres sont aussi le résultat de la moyenne d’un certain nombre d’accords négociés au niveau des entreprises (par exemple, le Royaume-Uni, les produits chimiques en Bulgarie, le commerce de détail chypriote, le commerce de détail tchèque, l’industrie chimique et le commerce de détail maltais);
  • les définitions des secteurs et la structure des négociations collectives sectorielles varient considérablement d’un pays à l’autre de sorte que l'on ne peut garantir avec certitude que les données comparées sont identiques;
  • la mesure dans laquelle le salaire réel reflète les augmentations mentionnées négociées collectivement est variable compte tenu des diverses primes et rémunérations supplémentaires qui jouent un rôle plus important dans certains pays que dans d’autres;
  • les augmentations salariales ne sont pas toujours entièrement consolidées, le recours à des rémunérations uniques apparaissant dans certains cas. En outre, des augmentations peuvent être accordées sous la forme d’un montant comptant fixe, ce qui se traduira en pourcentage par une augmentation divergente de la rémunération des travailleurs à différents taux salariaux (comme en Finlande où une augmentation en pourcentage minimale est toutefois garantie);
  • l’indexation automatique des salaires peut constituer une part considérable des augmentations salariales enregistrées (notamment en Belgique et au Luxembourg);
  • les rôles relatifs des négociations par secteur et par entreprise constituent également un facteur important du fait que les accords sectoriels mentionnés dans des pays comme la France, l’Italie et le Danemark prévoient seulement des salaires minima avec une négociation subséquente à un échelon inférieur;
  • les dates d'entrée en vigueur des diverses conventions collectives et des augmentations salariales qui en découlent varient considérablement et coïncident rarement avec le début de l’année civile;
  • dans certains pays, des conventions pluriannuelles sont d’application (notamment en Belgique, dans le commerce de détail bulgare, au Danemark, en Finlande, en Irlande, en Italie, aux Pays-Bas et en Suède) et les augmentations salariales ne sont pas toujours payées par tranches égales, ce qui fausse les chiffres annuels;
  • les tableaux dans les pays où les négociations sont menées séparément pour les ouvriers et les employés (par exemple, dans l’industrie chimique et le commerce de détail en Belgique) n’autorisent la reprise que d’une seule catégorie de travailleurs; et
  • les augmentations mentionnées dans les tableaux pour la fonction publique sont le fruit, dans certains cas, non pas de négociations, mais de mesures législatives imposées comme en Autriche, en Bulgarie, en France, en Pologne et en Roumanie.

Si l’on compare les trois secteurs, l’augmentation nominale moyenne au sein de l’UE actuelle et en Norvège en 2003 était de 3,2% pour le secteur chimique (soit 0,1 point de pourcentage au-dessus de la moyenne de l’économie générale) et de 2,8% dans les secteurs du détail et de la fonction publique (0,3 point en dessous de la moyenne générale). En 2004, la baisse de 3,0% de l’augmentation moyenne enregistrée dans le secteur chimique a été dépassée par la baisse dans la fonction publique (3,2%) et le commerce de détail (3,1%), la moyenne de l’ensemble de l’économie se situant à 3,1%. En six ans, de 1999 à 2004, une augmentation annuelle moyenne de 3,2% a été relevée dans les trois secteurs.

Dans les nouveaux États membres, l’augmentation nominale moyenne en 2003 a été de 6,5% dans le commerce de détail (0,6 point de pourcentage au-dessus de la moyenne de l’ensemble de l’économie), 5,3% dans le secteur de la chimie (0,6 point en dessous de la moyenne générale) et 4,8% dans la fonction publique (1,1 en dessous de la moyenne). Le taux d’augmentation en 2004 a chuté dans les trois secteurs, atteignant 4,6% dans la fonction publique et moins encore dans le secteur de la chimie et le commerce de détail où il a été de 4,0% et 3,9% respectivement, ce qui, dans les trois cas, est inférieur à la moyenne de 5,5% de l’économie générale. En 2003, l’augmentation moyenne dans les nouveaux États membres a dépassé de 3,7 points de pourcentage la moyenne de l’augmentation dans le commerce de détail de l’UE15/Norvège, de 2,1 points celle de la chimie et de 2,0 points celle de la fonction publique. En 2004, les écarts se sont réduits à 0,8 point dans le commerce de détail, 1,0 point dans l’industrie chimique et 1,4 point dans la fonction civile.

Au sein de l’UE25 dans son ensemble, l’augmentation nominale moyenne en 2003 a été de 4,0% dans le commerce de détail (0,2 point de pourcentage en dessous de la moyenne de l’économie globale), 3,8% dans le secteur chimique (0,4 point en dessous de la moyenne générale) et 3,3% dans la fonction publique (0,9 en dessous de la moyenne). Le pourcentage d’augmentation en 2004 a chuté à 3,3% tant dans le commerce de détail que dans le secteur de la chimie, mais a augmenté jusqu’à 3,6% dans la fonction publique, ce qui, dans les trois cas, est inférieur à la moyenne de 4,0% de l’économie générale.

Dans les trois secteurs, les augmentations salariales en Bulgarie ne se sont pas trop écartées de la norme pour les nouveaux États membres. Celles de Roumanie ont, par contre, été nettement supérieures à ce niveau malgré une baisse entre 2003 et 2004.

Industrie chimique

En 2003, la fourchette des augmentations salariales nominales octroyées dans le secteur de l’industrie chimique de l’'ancienne' UE15 et de la Norvège (aucune donnée disponible pour l’Italie) a varié de 4,5% en Grèce à 2,3% en Autriche et au Danemark (cf. figure 3 ci-dessous). En 2004, la fourchette des augmentations s’est considérablement élargie, la Grèce enregistrant une nouvelle fois la plus forte augmentation salariale avec 5,9% et les Pays-Bas, la plus faible avec 0,6% (aucune donnée disponible pour le Portugal). L’augmentation salariale moyenne a chuté de 3,2% en 2003 (3,1% en excluant la Norvège), soit légèrement plus que la moyenne de l’économie générale (cf. figure 1 ci-dessus), à 3,0% en 2004 (comme dans l’UE15 seulement), ce qui est légèrement inférieur à la moyenne de l’économie générale. Le pourcentage d’augmentation entre 2003 et 2004 a chuté dans sept pays (la baisse la plus forte étant enregistrée aux Pays-Bas), mais s’est accru dans cinq autres pays (essentiellement en Grèce) et est resté stationnaire dans deux autres (comme nous l’avons déjà dit, nous ne disposons d’aucune donnée pour l’Italie et le Portugal pour ces deux années).

En 2003, l’augmentation dans l’industrie chimique s’est révélée égale à l’augmentation moyenne nationale pour tous les secteurs dans cinq pays, supérieure dans cinq autres (essentiellement en Belgique) et inférieure dans cinq autres encore (surtout en France et en Espagne). En 2004, l’augmentation dans l’industrie chimique a été supérieure à l’augmentation moyenne nationale pour l’ensemble des secteurs dans trois pays seulement (à nouveau essentiellement en Belgique), égale à la moyenne dans quatre pays et inférieure dans sept pays (surtout en Espagne).

Les augmentations moyennes de produits chimiques de 3,2% en 2003 et 3,0% en 2004 se comparent aux augmentations de 3,4% en 2002, 3,6% en 2001 et 3,0% en 1999 et 2000. Depuis la forte augmentation relevée en 2001, la tendance a donc été à la baisse.

Concernant les nouveaux États membres, on ne dispose d’aucune donnée sur les augmentations négociées collectivement en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. L’augmentation nominale moyenne dans l’industrie chimique a été de 5,3% en 2003 et 4,0% en 2004, soit supérieure aux moyennes de l’UE15 et de la Norvège au cours des deux années, l’écart se réduisant toutefois rapidement. En 2003, l’augmentation la plus élevée a été enregistrée en Estonie (9,0% bien que ce chiffre porte sur les salaires d’une manière générale plutôt que sur le salaire négocié) et la plus faible à Chypre (2,5%). En 2004, l’Estonie a une fois de plus occupé la tête de liste, tout comme la Hongrie (6,0%), l’augmentation la plus faible étant relevée à Malte (2,5%). Le taux d’augmentation a chuté entre 2003 et 2004 dans tous les pays à l’exception de Chypre. En 2003, l’augmentation dans l’industrie des produits chimiques a égalé l’augmentation moyenne nationale pour tous les secteurs dans un pays, a été supérieure dans deux pays et s’est révélée inférieure dans quatre autres. En 2004, l’augmentation dans l’industrie chimique s’est révélée supérieure à la moyenne nationale dans trois pays et inférieure dans quatre.

S’agissant de l’UE25, l’augmentation salariale moyenne dans l’industrie chimique a chuté de 3,8% en 2003 à 3,3% en 2004, soit 0,7 point de pourcentage de plus que la moyenne de l’UE15 en 2003, mais seulement 0,3 point de plus en 2004.

L’augmentation salariale moyenne dans l’industrie chimique dans tous les pays envisagés a été de 4,4% en 2003 et 3,9% en 2004. Les augmentations élevées en Roumanie au cours des deux années représentent la majeure partie de l’écart par rapport à la moyenne de l’UE25.

Figure 3. Augmentations salariales moyennes établies par conventions collectives dans l’industrie chimique en 2003 et 2004 (%)

Figure 3. Augmentations salariales moyennes établies par conventions collectives dans l’industrie chimique en 2003 et 2004 (%)

Notes concernant les moyennes: 'Tous les pays'= 23 pays en 2003 et 24 pays en 2004; 'ensemble de l’UE'= 21 pays; 'UE15 et Norvège'= 15 pays; 'nouveaux États membres'= 7 pays.

Source: EIRO

Les chiffres de la figure 3 doivent être lus en même temps que les notes ci-après.

  • Autriche: les chiffres, communiqués par l’Union des travailleurs chimiques (Gewerkschaft der Chemiearbeiter, GdC) se rapportent à des conventions collectives sectorielles; les augmentations ont été appliquées chaque année au mois de mai.
  • Belgique: les chiffres font référence à la main-d’œuvre ouvrière et incluent l’indexation automatique des salaires et les effets des réductions du temps de travail; les augmentations ont été appliquées à partir de décembre 2002 et de décembre 2003 respectivement; les chiffres équivalents pour les employés ont été de 2,7% en 2003 et 4,4% en 2004.
  • Bulgarie: aucune donnée disponible pour 2003; aucune convention sectorielle pour 2004, le chiffre donné est la moyenne des augmentations accordées par des conventions collectives au niveau de l’entreprise chez Solvay, Soffarma et Balkanfarma, telles qu’elles sont rapportées par le syndicat sectoriel.
  • Chypre: chiffres approximatifs à partir du 1er janvier de chaque année fournie par l’Union syndicale des travailleurs de l’industrie, du commerce, de l'imprimerie de presse de des généraux (SEVETTYK-PEO).
  • République tchèque: les chiffres sont le point milieu de la fourchette d’augmentations accordées au titre de conventions collectives pertinentes du niveau supérieur telles qu’elles ont été estimées par le CMKOS; les conventions collectives du niveau de l’entreprise (le niveau de négociation prédominant) ont produit une augmentation de 3,6% en 2004 selon les données de l’ISWC (aucune donnée pour 2003).
  • Danemark: les chiffres se rapportent à la convention du secteur de l’industrie qui exploite le système du 'salaire minimal', les conventions sectorielles fixant uniquement des taux minima, les négociations locales subséquentes produisant d’autres augmentations; les chiffres représentent les augmentations horaires minimales à partir du mois de mars de chaque année.
  • Estonie: aucun chiffre disponible pour les augmentations salariales moyennes négociées par convention collective; les statistiques fournies sont les augmentations enregistrées dans une étude des salaires menée par l’ESA et s’appliquent à la manufacture d’une manière générale; le chiffre de 2004 correspond à l’augmentation au cours des trois premiers trimestres par comparaison avec les trois premiers trimestres de 2003.
  • Finlande: les pourcentages indiqués sont des augmentations minimales, la convention du secteur nous concernant prévoyant des augmentations en espèces d’EUR 0,26 par heure ou EUR 44 par mois en 2003 et EUR 0,21 par heure ou EUR 34 par mois en 2004; les augmentations ont été appliquées en mars de chaque année.
  • France: chiffres communiqués par l’(Institut national de la statistique et des études économiques, INSEE); le chiffre de 2003 figure représente l’augmentation moyenne entre septembre 2002 et septembre 2003 et le chiffre 2004, l’augmentation moyenne entre septembre 2003 et septembre 2004.
  • Allemagne: chiffres émanant des archives des conventions collectives du WSI; l’augmentation de 2003 date de juin en Allemagne occidentale et de juillet en Allemagne orientale où les travailleurs ont reçu une augmentation de 2,8% supplémentaire dans le cadre d’un processus d’ajustement de leur salaire aux niveaux de l’Allemagne occidentale.
  • Grèce: les chiffres sont des estimations communiquées par la Banque de Grèce.
  • Hongrie: SOURCE?
  • Irlande: les chiffres représentent des augmentations salariales concédées au titre de la convention nationale ? cf. note de la figure 1 ci-dessus.
  • Italie: le chiffre renvoie à la convention collective sectorielle (il inclut le salaire de base, les primes de pause, les primes mensuelles et les autres gratifications payées régulièrement dans le courant de l’année) et à l’augmentation intervenue entre novembre 2003 et novembre 2004; aucune donnée pour 2003.
  • Luxembourg: les chiffres sont des estimations et incluent une augmentation automatique de 2,5% par an liée à l’indexation (payée en août 2003 et octobre 2004).
  • Malte: les chiffres, qui émanent de la division de la Politique économique du gouvernement, représentent les augmentations intervenues entre septembre 2002 et septembre 2003 et entre septembre 2003 et septembre 2004 respectivement; chiffres basés sur un échantillon de conventions passées au niveau de l’entreprise.
  • Pays-Bas: chiffres basés sur un échantillon de conventions collectives.
  • Norvège: les chiffres, extraits du TBU, concernent la main-d’œuvre ouvrière et incluent d’autres éléments que les seules augmentations salariales négociées par convention collective (par exemple, les effets de la dérive salariale et du 'report'); le chiffre de 2004 concerne l’industrie manufacturière d’une manière générale et est exprimé par le TBU comme étant égal à 3½%.
  • Portugal: le chiffre se rapporte à l’augmentation du salaire de base accordée au titre de conventions collectives sectorielles et valable pendant douze mois à partir de janvier 2003.
  • Roumanie: les chiffres renvoient aux augmentations moyennes annuelles sous les conventions sectorielles dans l’industrie chimique et pétrochimique qui ont été signées en juin 2003 et mai 2004.
  • Slovaquie: les chiffres représentent la moyenne de la fourchette d’augmentations accordées au niveau de l’entreprise aux termes des conventions collectives sectorielles pertinentes.
  • Slovénie: l’augmentation de 2003 représente celle qui a été convenue pour l’ensemble du secteur privé; le chiffre de 2004 fait référence à la convention collective sectorielle et à l’augmentation du salaire brut moyen à partir du mois d’août.
  • Espagne: les chiffres portent sur la convention collective du secteur des produits chimiques; l’augmentation de 2004 est l’expression de l’augmentation de l’inflation majorée de 0,5 point de pourcentage.
  • Suède: les chiffres font référence aux conventions nationales applicables aux ouvriers, aux employés et aux professionnels de l’industrie 'allochimique'; les chiffres incluent une augmentation de 0,5 point de pourcentage par an qui représente l’effet de la réduction du temps de travail.
  • Royaume-Uni: les chiffres extraits du Workplace Report[Rapport sur le lieu de travail] du LRD se fondent sur une étude de conventions et concernent l’'industrie des produits minéraux et des produits chimiques' en 2003 et la 'production de produits chimiques, de minéraux et de métaux' en 2004.

Commerce de détail

En 2003, la fourchette des augmentations salariales nominales attribuées dans le secteur du commerce de détail dans l’ancienne UE15 et en Norvège (aucune donnée disponible pour la Grèce) a varié entre 4,0% en Irlande et 1,0% aux Pays-Bas ? cf. figure 4 ci-dessous. En 2004, la fourchette des augmentations s’est accrue, l’augmentation salariale la plus élevée étant enregistrée en Grèce à 6,6% et la plus faible, en Allemagne, à 1,8% L’augmentation salariale moyenne est passée de 2,8% en 2003 (2,7% en excluant la Norvège), soit 0,3 point de pourcentage en dessous des chiffres moyens de l’économie dans son ensemble (cf. figure 1 ci-dessus), à 3,1% en 2004 (3,0% si on exclut la Norvège, soit le même niveau que la moyenne de l’économie globale. Le pourcentage d’augmentation entre 2003 et 2004 s’est accru dans six pays (principalement aux Pays-Bas), a chuté dans sept autres (essentiellement en Norvège) et est resté stationnaire dans deux autres (comme nous l’avons déjà indiqué, nous ne disposons d’aucune donnée pour la Grèce).

En 2003, l’augmentation du commerce de détail s’est révélée inférieure à la moyenne nationale pour tous les secteurs dans huit pays (et en particulier aux Pays-Bas), supérieure dans quatre pays (de la façon la plus notoire en Suède) et égale à la moyenne dans deux pays. En 2004, l’augmentation dans l’industrie chimique a une fois de plus été inférieure à l’augmentation moyenne nationale pour tous les secteurs dans huit pays (et en particulier en Belgique, au Danemark et en Espagne), égale à la moyenne dans deux pays et supérieure dans cinq pays (surtout aux Pays-Bas).

Les augmentations salariales moyennes négociées dans le secteur du commerce de détail de 2,8% en 2003 et 3,1% en 2004 ont fait suite à des augmentations de 3,6% en 2002 et 2001, de 3,0% en 2000 et de 2,8% en 1999.

Concernant les nouveaux États membres, on ne dispose d’aucune donnée sur les augmentations négociées collectivement en Lettonie, en Lituanie et en Pologne. L’augmentation nominale moyenne dans le commerce du détail s’est située à 6,5% en 2003 et a fortement baissé jusqu’à 3,9% en 2004, soit plus du double de la moyenne de l’UE15/Norvège en 2003 (ce qui s’explique en grande partie par la très forte augmentation en Estonie), mais s’est nettement rapprochée de celle-ci en 2004. En 2003, l’augmentation la plus élevée a été enregistrée en Estonie (14,5% bien que ce chiffre se réfère aux salaires d’une manière générale plutôt qu’aux salaires négociés) et la plus faible, à Chypre (3,3%). En 2004, la République tchèque a enregistré l’augmentation la plus élevée (6,9%) et l’Estonie, la plus faible (1,6%). Le taux d’augmentation entre 2003 et 2004 a chuté dans quatre pays et est resté stable dans deux autres, n'augmentant que dans un seul (Slovaquie). En 2003, l’augmentation dans le commerce du détail a été égale à l’augmentation moyenne nationale pour tous les secteurs dans un seul pays, supérieure dans quatre pays et inférieure dans deux. En 2004, l’augmentation dans l’industrie chimique s’est révélée supérieure à la moyenne nationale dans trois pays et inférieure dans quatre.

Dans l’UE25, l’augmentation salariale moyenne dans le commerce du détail a chuté de 4,0% en 2003 à 3,3% en 2004, soit 1,3 point de pourcentage de plus que la moyenne de l’UE15 en 2003, mais seulement 0,3 point de plus en 2004.

L’augmentation salariale moyenne dans l’industrie chimique dans tous les pays envisagés a été de 5,9% en 2003 et 3,7% en 2004. Une augmentation particulièrement élevée en Roumanie en 2003 est responsable en plus grande partie de l’écart avec la moyenne de l’UE25.

Figure 4. Augmentations salariales moyennes établies par conventions collectives dans le commerce du détail en 2003 et 2004 (%)

Figure 4. Augmentations salariales moyennes établies par conventions collectives dans le commerce du détail en 2003 et 2004 (%)

Notes concernant les moyennes: 'Tous les pays'= 24 pays en 2003 et 25 pays en 2004; 'ensemble de l’UE'= 21 pays en 2003 et 22 pays en 2004; 'UE15 et Norvège'= 15 pays en 2003 et 16 pays en 2004; 'nouveaux États membres'= 7 pays.

Source: EIRO

Les chiffres de la figure 4 doivent être lus en même temps que les notes ci-après.

  • Autriche: les chiffres, émanant du Bureau d’arbitrage fédéral, se rapportent à des conventions collectives sectorielles; les augmentations ont été appliquées chaque année à partir de janvier.
  • Belgique: les chiffres font référence à la main-d’œuvre ouvrière et incluent l’indexation automatique des salaires et les effets des réductions du temps de travail; les augmentations ont été appliquées à partir de décembre 2002 et de décembre 2003 respectivement; les chiffres équivalents pour les employés ont été de 2,3% en 2003 et 3,7% en 2004.
  • Bulgarie: les chiffres ont été communiqués par le syndicat sectoriel; le chiffre de 2003 représente la moitié d’une augmentation de 10% accordée au titre d’une convention collective passée en 2002-2003; le chiffre de 2004 est égal à la moitié d’une augmentation de 9% attribuée au titre d’une convention collective passée en 2004-2005;
  • Chypre: les chiffres représentent la moyenne de la fourchette d’augmentations accordées au titre des conventions collectives applicables aux plus grandes entreprises du secteur comme indiqué par la SEVETTYK-PEO; le personnel récemment recruté a reçu des augmentations supplémentaires.
  • République tchèque: les chiffres de l’ISWC renvoient à des conventions collectives passées au niveau de l’entreprise.
  • Danemark: les chiffres du Commerce et service danois (Dansk Handel & Service, DHS), représentent les augmentations horaires minimales à partir de mars de chaque année.
  • Estonie: aucun chiffre disponible pour les augmentations salariales moyennes négociées par convention collective; les statistiques fournies sont les augmentations enregistrées dans une étude des salaires menée par l’ESA et s’appliquent au commerce de gros et au commerce de détail en général; le chiffre de 2004 représente l’augmentation au cours des trois premiers trimestres par comparaison avec les trois premiers trimestres 2003.
  • Finlande: les pourcentages indiqués sont des augmentations minimales, la convention relative au secteur prévoyant une augmentation de 1,2% majorée d’augmentations en espèces d’EUR 0,17 par heure ou EUR 28,39 par mois en 2003 et EUR 0,21 par heure ou EUR 34 par mois en 2004; les augmentations ont été appliquées chaque année à partir du mois de mars.
  • France: chiffres communiqués par l’INSEE; le chiffre de 2003 représente l’augmentation moyenne entre septembre 2002 et septembre 2003, et le chiffre de 2004, l’augmentation moyenne entre septembre 2003 et septembre 2004.
  • Allemagne: extraits des archives des conventions collectives du WSI, les chiffres représentent la moyenne des conventions collectives passées dans diverses régions de négociation avec des augmentations variant de 1,7% à 1,9%.
  • Grèce: aucune donnée pour 2003; le chiffre de 2004 représente l’augmentation accordée par une décision d’arbitrage (n° 51/2004).
  • Hongrie: SOURCE?
  • Irlande: les chiffres représentent des augmentations salariales concédées au titre de la convention nationale ? cf. note de la figure 1 ci-dessus.
  • Italie: les chiffres renvoient à la convention collective sectorielle (et incluent le salaire de base, les primes de pause, les primes mensuelles et les autres gratifications payées régulièrement dans le courant de l’année); le chiffre de 2004 fait référence à l’augmentation qui est intervenue entre novembre 2003 et novembre 2004.
  • Luxembourg: les chiffres sont des estimations et incluent une augmentation automatique de 2,5% par an liée à l’indexation (payée en août 2003 et octobre 2004).
  • Malte: les chiffres, qui émanent de la division de la Politique économique du gouvernement, représentent les augmentations intervenues entre septembre 2002 et septembre 2003 et entre septembre 2003 et septembre 2004 respectivement; les chiffres sont basés sur un échantillon de conventions passées au niveau de l’entreprise et font référence au commerce de gros et au commerce de détail en général.
  • Pays-Bas: chiffres basés sur un échantillon de conventions collectives.
  • Norvège: les chiffres, provenant du TBU, comprennent plus que les augmentations salariales décidées par conventions collectives (par exemple les effets de dérive salariale et de 'report').
  • Portugal: les chiffres font référence à l’augmentation du salaire de base au titre de la convention collective du commerce de détail dans la région de Lisbonne qui est valable pendant douze mois à partir de janvier chaque année.
  • Roumanie: les chiffres font référence aux augmentations moyennes annuelles au titre de la convention collective pour le secteur du commerce et tiennent compte des effets d’une clause prévue dans la convention qui dispose que le salaire minimum dans ce secteur doit être 5% supérieur au salaire minimal national.
  • Slovaquie: les chiffres renvoient à des conventions collectives sectorielles; le chiffre de 2003 est une augmentation minimale.
  • Slovénie: l’augmentation de 2003 représente celle qui a été convenue pour l’ensemble du secteur privé; le chiffre de 2004 fait référence à la convention collective sectorielle et à l’augmentation du salaire brut moyen à partir du mois d’août.
  • Espagne: les chiffres, extraits des publications sur les statistiques de l’emploi du MTAS, font référence à la période de janvier à décembre 2003 et à celle de janvier à novembre 2004.
  • Suède: les chiffres font référence à des conventions sectorielles nationales applicables aux salariés manuels et aux salariés intellectuels.
  • Royaume-Uni: extraits du Workplace Report[Rapport sur le lieu de travail] du LRD, les chiffres reposent sur une étude des conventions et concernent le secteur de la 'distribution, de l’hôtellerie, etc.' en 2003 et le secteur du 'commerce de détail, du commerce de gros, de l’hôtellerie et de la restauration' en 2004.

Fonction publique

En 2003, les augmentations salariales nominales consenties dans le secteur de la fonction publique centrale dans l’'ancienne' EU15 et la Norvège (aucune donnée disponible pour le Royaume-Uni) sont comprises entre 5,8% en Grèce et 0% en France (à savoir, gel des salaires) ? cf. figure 5 ci-dessous.. En 2004, la fourchette des augmentations a même encore été plus importante, l’Irlande enregistrant l’augmentation de salaire la plus élevée avec 12,6% et la France à nouveau la plus basse, avec 0,5%. L’augmentation salariale moyenne s’est accrue de 2,8% en 2003 (2,7% si l’on exclut la Norvège), soit 0,3 point de pourcentage en dessous des chiffres moyens de l’économie générale (cf. figure 1 ci-dessus), à 3,2% en 2004 (comme dans l’UE15 seule), ce qui est légèrement supérieur à la moyenne de l’économie générale. Une grande partie de l’augmentation de la moyenne s’explique par une élévation importante en Irlande en 2004. Le pourcentage d’augmentation en 2003 et 2004 a chuté dans six pays (essentiellement au Danemark), s’est accrue dans cinq (principalement en Irlande) et est restée stationnaire dans trois (comme nous l’avons déjà indiqué, on ne dispose de données concernant le Royaume-Uni pour aucune des deux années).

L’augmentation dans la fonction publique en 2003 s’est révélée inférieure à l’augmentation moyenne nationale dans tous les secteurs dans onze pays (de la façon la plus notoire en France) et supérieure dans seulement quatre pays (essentiellement en Grèce). En 2004, l’augmentation dans la fonction publique est apparue inférieure à l’augmentation moyenne nationale pour tous les secteurs dans neuf pays (essentiellement en Belgique), égale à la moyenne dans un pays et supérieure dans cinq pays (surtout en Irlande).

Les augmentations moyennes de 2,8% en 2003 et 3,2% en 2004 dans la fonction publique ont fait suite à des augmentations de 3,2% en 2002 et 2001, de 3,0% en 2000 et de 2,7% en 1999.

Concernant les nouveaux États membres, on ne dispose de données ni pour la Lettonie, la Lituanie et Malte ni pour la Pologne en 2003. L’augmentation nominale moyenne dans la fonction publique s’est située à 54,8% en 2003 et 4,6% en 2004, soit 2,0 points de pourcentage au-dessus de la moyenne de l’UE15/Norvège en 2003, mais seulement 1,4 point au-dessus en 2004. En 2003, l’augmentation la plus élevée a été relevée en République tchèque (9,4%) et la plus faible, en Hongrie (0%). En 2004, la République tchèque a une nouvelle fois occupé la tête de liste (9,4%), l’augmentation la plus faible étant enregistrée à Chypre (0%). Le taux d’augmentation entre 2003 et 2004 a chuté dans trois pays, a augmenté dans deux et est resté stable dans un. En 2003, l’augmentation dans la fonction publique s’est révélée supérieure à l’augmentation moyenne nationale pour l’ensemble des secteurs dans deux pays et inférieure dans quatre. En 2004, l’augmentation dans la fonction publique est apparue supérieure à l’augmentation moyenne nationale dans un seul pays, inférieure dans cinq pays et égale dans un pays.

Dans l’UE25, l’augmentation salariale moyenne dans la fonction publique est passée de 3,3% en 2003 à 3,6% en 2004, soit 0,6 point de pourcentage de plus que la moyenne de l’UE15 en 2003, mais 0,4 point de plus seulement en 2004.

L’augmentation salariale moyenne dans la fonction publique dans l’ensemble des pays étudiés s’est élevée à 4,2% en 2003 et 4,3% en 2004. Les fortes augmentations relevées en Roumanie au cours des deux années représentent la plus grande part de l’écart par rapport à la moyenne de l’UE25, bien que les augmentations en Bulgarie aient été supérieures à la moyenne.

Figure 5. Augmentations salariales moyennes établies par conventions collectives dans la fonction publique en 2003 et 2004 (%)

Figure 5. Augmentations salariales moyennes établies par conventions collectives dans la fonction publique en 2003 et 2004 (%)

Notes concernant les moyennes: 'Tous les pays'= 23 pays en 2003 et 25 pays en 2004; 'ensemble de l’UE'= 20 pays en 2003 et 22 pays en 2004; 'UE15 et Norvège'= 15 pays en 2003 et 16 pays en 2004; 'nouveaux États membres'= 6 pays en 2003 et 7 pays en 2004.

Source: EIRO

Les chiffres de la figure 5 doivent être lus en même temps que les notes ci-après.

  • Autriche: augmentations salariales imposées par la loi; chiffres communiqués par le syndicat des employés du secteur public (Gewerkschaft Öffentlicher Dienst, GÖD).
  • Belgique: les chiffres des deux années concernent uniquement l’indexation automatique.
  • Bulgarie: augmentations consenties au sein du Conseil national de la coopération tripartite (NSTP) et imposées par décret de cabinet.
  • Chypre: chiffres communiqués par le syndicat panchypriote des employés de la fonction publique (Pancyprian Union of Public Servants (PASYDY)).
  • République tchèque: les chiffres, issus de l’ISWC, renvoient à des conventions collectives du niveau de l’entreprise; les augmentations statutaires se sont élevées à 7% environ en 2003 et 4% en 2004.
  • Danemark: le chiffre de 2003 représente la somme d’une augmentation de 3,1% octroyée en avril et d’une augmentation de 0,25% accordée en octobre; le chiffre de 2004 est la somme d’une augmentation de 2,2% consentie en avril et d’une augmentation de 0,74% applicable en octobre.
  • Estonie: aucun chiffre disponible pour les augmentations salariales moyennes négociées par convention collective; les statistiques fournies sont les augmentations enregistrées dans le cadre d’une étude sur les salaires menée par l’ESA et s’appliquent à l’administration publique et à la défense en général; le chiffre de 2004 correspond à l’augmentation au cours des trois premiers trimestres de l’année par comparaison avec les trois premiers trimestres de 2003.
  • Finlande: les pourcentages indiqués sont des augmentations minimales, la convention du secteur concerné prévoyant une augmentation en espèces d’EUR 0,17 par heure ou EUR 28,39 par mois en 2003 et d’EUR 0,16 par heure ou EUR 26,72 par mois en 2004; les augmentations se sont appliquées à partir du mois de mars de chaque année; le renouvellement du système de paiement du secteur public a, en outre, impliqué des changements dans les salaires contractuels minima au cours des deux années.
  • France: augmentations de salaire fixées par la loi.
  • Allemagne: chiffres extraits des archives des conventions collectives du WSI; le chiffre de 2003 concerne l’Allemagne occidentale uniquement; celui de 2004 couvre l’ensemble du territoire et représente la somme d’une augmentation de 1% consentie en janvier et d’une augmentation de 1% également en mai.
  • Grèce: les chiffres sont des estimations communiquées par la Banque de Grèce.
  • Hongrie: SOURCE?
  • Irlande: le chiffre de 2003 représente l’augmentation salariale dans le secteur public au titre de la convention nationale ? voir la note de la figure 1 ci-dessus; le chiffre de 2004 représente l’augmentation salariale du secteur public au titre de la convention nationale majorée de paiements dits de 'benchmarking' et représente le point milieu de la fourchette de l’ensemble des augmentations consenties aux fonctionnaires publics qui oscille entre 11,25% et 14,0%.
  • Italie: les chiffres se rapportent aux conventions collectives sectorielles (ils incluent le salaire de base, les primes de pause, les primes mensuelles et les autres gratifications payées régulièrement dans le courant de l’année); le chiffre de 2004 fait référence à l’augmentation qui a eu lieu entre novembre 2003 et novembre 2004; les données excluent les directeurs.
  • Luxembourg: les chiffres incluent une augmentation automatique de 2,5% par année liée à l’indexation (payée en août 2003 et en octobre 2004).
  • Pays-Bas: les chiffres font référence à des augmentations négociées chaque année en décembre par la convention collective applicable de la fonction publique.
  • Norvège: les chiffres du TBU comprennent d’autres éléments que les seules augmentations salariales décidées par conventions collectives (par exemple, les effets de la dérive salariale et du 'report'); le chiffre de 2004 est exprimé par TBU comme étant égal à 4¾%.
  • Pologne: le chiffre de 2004 représente l’augmentation du montant de base qui sert à déterminer les salaires dans la fonction publique (multiplié par un coefficient spécifique par catégorie de fonctionnaires) et qui est arrêté annuellement par l’Acte du budget d’État; aucune donnée disponible pour 2003.
  • Portugal: les chiffres représentent les augmentations consenties uniquement aux travailleurs dont le salaire mensuel est inférieur à EUR 1 000.
  • Roumanie: les augmentations de salaire sont fixées par la loi plutôt que par convention collective; aucune donnée distincte disponible pour la fonction publique centrale; les chiffres (qui représentent des moyennes annuelles) font référence à des augmentations de salaire dans l’ensemble du secteur financé par le budget d’État.
  • Slovaquie: les chiffres se rapportent aux conventions collectives sectorielles; les augmentations ont été appliquées en juillet 2003 et en août 2004.
  • Slovénie: les chiffres renvoient à la convention collective applicable à l’ensemble de la fonction publique; les augmentations ont été appliquées en janvier 2003 et en juillet 2004.
  • Espagne: les chiffres, issus des publications sur les statistiques de la main-d’œuvre du MTAS, concernent l’'administration publique, la défense et la sécurité sociale, ainsi que les organismes extraterritoriaux' et se réfèrent aux périodes de janvier à décembre 2003 et de janvier à novembre 2004.
  • Suède: les chiffres concernent les conventions nationales applicables aux ouvriers, aux employés et aux professionnels du secteur public central.
  • Royaume-Uni: le chiffre, extrait du rapport Workplace Report[Rapport sur le lieu de travail] du LRD, est basé sur une étude de conventions et fait référence à la 'fonction publique' dans son ensemble; aucun chiffre disponible pour 2003; plus de cent groupes de négociation distincts sont recensés au sein de la fonction publique centrale et les règlements varient fortement.

Revenus moyens

L’analyse ci-dessus examine les augmentations salariales négociées collectivement en se fondant principalement sur le contenu des conventions. Les chiffres des revenus, généralement basés sur une enquête sur les revenus des personnes individuelles et incluant des éléments tels que les primes et la compensation des heures supplémentaires, fournissent une indication plus précise de l’évolution réelle des revenus des travailleurs. La figure 6 ci-dessous contient des données sur les augmentations des revenus moyens en 2003 et 2004 (les chiffres de 2004 pour les Pays-Bas et le Portugal ne sont pas encore disponibles; d’autres ne sont que partiels). Cette fois encore, la très grande prudence est de mise et les notes figurant sous le tableau doivent être lues attentivement. La nature des statistiques et les définitions des revenus varient considérablement d’un pays à l’autre et dans certains cas (notamment en Belgique), les chiffres ne concernent que des groupes particuliers de travailleurs.

Dans l’UE15 et en Norvège, la fourchette des augmentations des revenus moyens en 2003 a varié entre 5,9% en Irlande et 1,2% en Allemagne, les extrêmes en 2004 se situant à 5,5% en Grèce et à 0,1% à nouveau en Allemagne. Le taux moyen d’augmentation dans ces pays a diminué, passant de 3,4% en 2003 à 3,2% en 2004, confirmant ainsi la tendance à la baisse; la moyenne se situait à 3,9% en 2002 et 4,3% en 2001 (suite aux augmentations enregistrées depuis 1998). Ceci semble confirmer la tendance déjà enregistrée pour les augmentations salariales négociées. L’augmentation moyenne des revenus entre 2003 et 2004 a diminué dans huit pays (essentiellement en Allemagne et en Espagne), est restée stable dans trois pays et a augmenté dans trois autres pays seulement (Belgique, Italie et Royaume-Uni).

Comparés aux données relatives aux augmentations salariales négociées collectivement, les chiffres des revenus permettent d'atténuer, dans une certaine mesure, les distorsions provoquées par des facteurs tels que le fait que l'absence de fixation de minima dans les conventions collectives pertinentes de certains pays. Les augmentations des revenus sont donc sensiblement plus élevées que les augmentations salariales négociées au Danemark, en Finlande, en Irlande, en Suède et au Royaume-Uni (bien qu’elles soient plus faibles dans des pays comme l’Allemagne, le Luxembourg et l’Espagne). Dans l’ensemble, les augmentations moyennes des revenus sont légèrement supérieures aux augmentations salariales négociées.

Dans les pays de la zone euro, l’augmentation moyenne des revenus a été légèrement inférieure à celle de l’ensemble de l’UE15 et de la Norvège, en 2003 comme en 2004.

Dans les dix nouveaux États membres, la fourchette des augmentations moyennes des revenus en 2003 a été comprise entre 12,9% en Roumanie et 2,6% en Pologne, mais s’est quelque peu rétrécie en 2004, variant de 9,5% en Slovaquie à 2,0% à Malte. Le taux moyen d’augmentation dans ces pays a diminué, passant de 7,1% en 2003 à 6,2% en 2004. Il a chuté dans six pays (notamment en Hongrie et en Estonie), est resté constant dans un pays et a augmenté dans trois autres (essentiellement en Slovaquie et en Pologne). L’augmentation moyenne était 2,1 fois supérieure à celle de l’UE15 et de la Norvège en 2003, mais 1,9 fois seulement supérieure en 2004.

Dans l’UE25 dans son ensemble, les revenus moyens ont augmenté de 4,8% en 2003 et 4,5% en 2004. L’inclusion des nouveaux États membres pousse donc l’augmentation moyenne de l’Union vers le haut, mais cet écart se réduit de 1,5 point de pourcentage en 2003 à 1,4 point en 2004. Considérant tous les pays examinés, l’augmentation moyenne s’est située à 5,7% en 2003 et 5,2% en 2004, les augmentations substantielles relevées en Roumanie au cours des deux années représentant la plus grande partie de l’écart avec l’UE.

Figure 6. Augmentations des revenus moyens en 2003 et 2004 (%)

Figure 6. Augmentations des revenus moyens en 2003 et 2004 (%)

Notes concernant les moyennes: 'Tous les pays'= 28 pays en 2003 et 26 pays en 2004; 'ensemble de l’UE'= 25 pays en 2003 et 23 pays en 2004; 'UE15 et Norvège'= 16 pays en 2003 et 14 pays en 2004; 'UE15'= 15 pays en 2003 et 13 pays en 2004; 'zone euro'= 12 pays en 2003 et 10 pays en 2004.

Source: EIRO

Les chiffres de la figure 6 doivent être lus en même temps que les notes ci-après.

  • Autriche: chiffres communiqués par la Banque nationale autrichienne (Österreichische Nationalbank, ÖNB).
  • Belgique: les chiffres concernent uniquement les travailleurs manuels (les chiffres équivalents pour les travailleurs non manuels étaient de 1,9% en 2003 et 2,2% en 2004); les chiffres représentent l’ensemble des augmentations salariales obtenues par convention collective majorées de l’indexation salariale automatique et des effets de la réduction du temps de travail; les chiffres, communiqués par le Service public fédéral de l’Emploi, du Travail et de la Concertation sociale, concernent les années jusqu’en décembre.
  • Bulgarie: chiffres du NSI; le chiffre de 2004 concerne les neuf premiers mois.
  • Chypre: chiffres de la Commission européenne; le chiffre de 2004 est provisoire.
  • République tchèque: chiffres de l’Office des statistiques tchèque; le chiffre de 2004 concerne les neuf premiers mois.
  • Danemark: les chiffres, émanant du ministère des finances, correspondent à une augmentation du salaire horaire dans le secteur privé.
  • Estonie: chiffres issus de l’enquête sur les salaires réalisée par l’ESA; le chiffre de 2004 représente l’augmentation enregistrée au cours des trois premiers trimestres par rapport aux trois premiers trimestres de 2003; le chiffre annuel sera supérieur, étant donné que les augmentations sont généralement supérieures au cours du quatrième trimestre.
  • Finlande: chiffres émanant de l’Institut de la statistique de Finlande; le chiffre de 2004 concerne l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • France: les chiffres, communiqués par l’INSEE, se rapportent à des augmentations annuelles intervenant en juin.
  • Allemagne: les chiffres de l'office fédéral des statistiques (Statistisches Bundesamt, Destatis) concernent l'augmentation annuelle des salaires et des rémunérations bruts par travailleur.
  • Grèce: estimations provenant de la Banque de Grèce.
  • Hongrie: chiffres de l'Office central de la statistique (Központi Statisztikai Hivatal, KSH); le chiffre 2004 concerne la période de janvier à novembre.
  • Irlande: les chiffres, communiqués par l’Office central de la statistique (Central Statistical Office) renvoient aux revenus hebdomadaires moyens de toutes les catégories de personnel (secteur industriel, secteur administratif et direction); le chiffre de 2003 concerne l’année jusqu’en septembre.
  • Italie: provenant de l’Istat, les chiffres sont provisoires; le chiffre de 2004 concerne les mois de janvier à septembre.
  • Lettonie: les chiffres, provenant du CSP, correspondent aux augmentations moyennes des salaires nets des employés; le chiffre de 2004 concerne l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • Lituanie: les chiffres, émanant de l’Institut de la statistique lituanien, concernent les augmentations des revenus bruts; le chiffre de 2004 concerne l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • Luxembourg: les chiffres sont des estimations et comprennent l’indexation salariale automatique de 2,5% par an.
  • Malte: les chiffres, notifiés par la division de la Politique économique du gouvernement, représentent l’augmentation nominale moyenne des revenus hebdomadaires; les chiffres concernent l’année jusqu’en septembre.
  • Pays-Bas: le chiffre du CBS inclut les heures supplémentaires.
  • Norvège: les chiffres du TBU représentent l’augmentation salariale annuelle totale (y compris les effets de dérive salariale et de 'report' des années précédentes); pour 2004, le TBU indique le chiffre de 3¾%.
  • Pologne: les chiffres, émanant du GUS, portent sur des augmentations des revenus moyens; le chiffre de 2004 concerne l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • Portugal: chiffre basé sur les données d’étude du département des études, de la statistique et de la planification du ministère de l’Emploi et de la Solidarité (Departamento de Estudos Estatística e Planeamento, DEEP).
  • Roumanie: chiffres basés sur les données de l’INS; le chiffre de 2004 renvoie aux onze premiers mois de l’année.
  • Slovaquie: le chiffre de 2003 est communiqué par le ministère du Travail, des Affaires sociales et de la Famille; le chiffre 2003 est une prévision de l’Office slovaque de la statistique (Štatistický úrad Slovenskej republiky, ŠÚ SR)).
  • Slovénie: chiffres de l’Institut de l’analyse macro-économique et du développement (Urad RS za makroekonomske analize in razvoj, UMAR), basés sur les données de l’Office des statistiques de la République slovène (Statistièni urad Republike Slovenije, SURS); le chiffre de 2004 est une estimation.
  • Espagne: les chiffres, de l’Institut national de la statistique (Instituto Nacional de Estadística, INE), renvoient à l’augmentation des coûts salariaux par travailleur; le chiffre de 2003 concerne l’année complète jusqu’au quatrième trimestre; celui de 2004 s’applique à l’année jusqu’au troisième trimestre.
  • Suède: les chiffres, émanant de l’Autorité de médiation, concernent les ouvriers et les employés de l’ensemble de l’économie.
  • Royaume-Uni: chiffres basés sur l’index des revenus moyens de l’Office national de la statistique (Office for National Statistics).

Salaires minima

Vingt des 28 pays analysés ont un salaire minimum national qui est fixé soit par la loi, soit par une convention intersectorielle nationale (Chypre possède un système de salaires minima statutaires qui ne s’applique qu’à six professions spécifiques, à savoir le personnel de vente, le personnel administratif, les auxiliaires de soins de santé et le personnel auxiliaire des écoles maternelles, des crèches et des écoles, et n’est pas reprise dans ce groupe). La figure 7 ci-dessous fournit des données sur les augmentations du salaire minimum en 2003 et 2004 pour ces pays. Ces salaires minima sont généralement augmentés par une certaine forme d’indexation et dans certains pays, par des décisions politiques.

S’agissant des neuf États membres de l’UE concernés, les augmentations salariales minimales vont de 7,1% au Royaume-Uni à 0% en Irlande en 2003 et de 10,0% en Irlande à 0% aux Pays-Bas en 2004. Le taux moyen général d’augmentation s’est fortement accru, passant de 3,5% en 2003 à 5,0% en 2004 (la moyenne était de 3,5% en 2002, 4,9% en 2001, 2,8% en 2000, 2,9% en 1999 et 2,6% en 1998). L’augmentation moyenne du salaire minimum s’est donc située plus ou moins au même niveau que l’augmentation moyenne négociée collectivement en 2003, mais sensiblement supérieure en 2004, et a montré une tendance à la hausse (en particulier en Irlande, en Espagne et au Royaume-Uni) par opposition à la stabilité des salaires négociés. Au niveau national, les augmentations des salaires minima en 2003 se laissent généralement distancer par les augmentations salariales négociées collectivement en Belgique, aux Pays-Bas, au Portugal et en Espagne et, plus particulièrement, en Irlande, bien qu’en France, au Luxembourg et surtout au Royaume-Uni, elles soient supérieures à l’augmentation salariale convenue. En 2004, l’augmentation des salaires minima est restée à la traîne des augmentations moyennes en Belgique, au Luxembourg, aux Pays-Bas et au Portugal, mais les a dépassées de façon notable en Irlande, en Espagne et au Royaume-Uni.

Tous les nouveaux États membres, à l’exception de Chypre (cf. ci-dessus), ont un salaire minimum national. En 2003, la plus forte hausse a été enregistrée en Estonie avec 16,8%, tandis que le salaire minimum était gelé en Hongrie. En 2004, la plus forte hausse a été relevée en Lettonie, où elle s’est élevée à 14,3%, la plus faible ayant été observée à Malte avec 1,4%. La tendance générale a été un dépassement, souvent large, des augmentations négociées par convention collective dans ces pays par l’augmentation du salaire minimum. L’augmentation moyenne a chuté légèrement, passant de 8,4% en 2003 à 7,3% en 2004. L’écart entre l’'ancienne' UE, d’une part, et les nouveaux États membres, d’autre part, était nettement supérieur pour les augmentations du salaire minimum que pour les augmentations salariales négociées collectivement en 2003, mais inférieur en 2004.

Dans les 18 pays de l’UE élargie qui ont un revenu minimum, l’augmentation moyenne s’est accrue de 5,9% en 2003 à 6,2% en 2004. L’inclusion de la Bulgarie et de la Roumanie pousse l’accroissement moyen jusqu’à 7,9% en 2003 et 6,6% en 2004, en grande partie en raison de l’échelle d’augmentation en Roumanie (en particulier en 2003, mais il conviendrait de noter que le seuil absolu du salaire minimum dans ce pays est très bas selon les normes de l’UE ? cf. tableau 1 ci-dessous).

Figure 7. Augmentation du salaire minimum national (taux pour les adultes) en 2003 et 2004 (%)

Figure 7. Augmentation du salaire minimum national (taux pour les adultes) en 2003 et 2004 (%)

Notes concernant les moyennes: 'tous les pays'= 20 pays; 'ensemble de l’UE'= 18 pays; 'UE15'= 9 pays; 'nouveaux États membres'= 9 pays.

Source: EIRO

Les chiffres de la figure 7 doivent être lus en relation avec les notes suivantes.

  • Belgique: l’augmentation pour 2003 s’est appliquée à partir de juin; l’augmentation pour 2004, à partir d’octobre.
  • Bulgarie: les augmentations, adoptées au sein du NSTP et imposées par décret de cabinet se sont appliquées chaque année à partir du mois de janvier.
  • République tchèque: les augmentations, appliquées par résolution gouvernementale, sont entrées en vigueur chaque année en janvier.
  • Estonie: les augmentations, arrêtées par décret gouvernemental sur la base d’un consensus entre les partenaires sociaux, se sont appliquées chaque année à partir de janvier.
  • France: les augmentations sont appliquées par le gouvernement chaque année à partir du mois de juillet; les augmentations données font référence au salaire horaire minimal qui est accordé aux travailleurs qui prestent toujours 39 heures par semaine (environ 1 million); pour tous les autres travailleurs bénéficiant du salaire minimum, les augmentations sont moindres (à peine 2,1% depuis juillet 2004) en fonction de la date à laquelle l'employeur est passé à la semaine des 35 heures.
  • Grèce: les chiffres se rapportent aux augmentations des taux minima telles qu’elles ont été définies dans les conventions collectives générales nationales de 2002-2003 et 2004-2005.
  • Hongrie: aucune augmentation en 2003; l’augmentation de 2004 est appliquée depuis janvier.
  • Irlande: aucune augmentation en 2003; l’augmentation de 2004 a été appliquée à partir de février.
  • Lettonie: les augmentations, appliquées par règlement gouvernemental, sont entrées en vigueur chaque année en janvier.
  • Lituanie: augmentations appliquées par le gouvernement sur la soumission d’une proposition par le Conseil tripartite de la république de Lituanie (Lietuvos Respublikos Trišale taryba, LRTT); l’augmentation de 2003 a été appliquée à partir de septembre; celle de 2004, à partir de mai.
  • Luxembourg: le chiffre de 2003 inclut une augmentation de 3,5% imposée par la loi en janvier 2003, plus une augmentation par indexation automatique de 2,5% consentie en août 2003; le chiffre de 2004 se compose uniquement d’une augmentation par indexation automatique en octobre.
  • Malte: augmentations appliquées par résolution gouvernementale en janvier de chaque année.
  • Pays-Bas: le chiffre de 2003 inclut une augmentation de 1,41% accordée en janvier et une augmentation de 1,25% consentie en juillet; aucune augmentation en 2004.
  • Portugal: augmentations appliquées par la loi en janvier de chaque année.
  • Roumanie: les chiffres font référence à des augmentations moyennes annuelles appliquées en janvier de chaque année.
  • Slovaquie: augmentations octroyées en octobre de chaque année.
  • Slovénie: le chiffre de 2003 inclut une augmentation de 6,5% consentie en août (reflétant l’adaptation à la croissance réelle du PIB) plus une augmentation de 1,0% appliquée en décembre; l’augmentation de 2004 s’est appliquée en août.
  • Espagne: l’augmentation de 2003 a été mise en vigueur par la loi en janvier; l’augmentation de 2004 est une somme d’augmentations appliquées par la loi en janvier (2,0%) et en juillet (6,57%).
  • Royaume-Uni: les chiffres se rapportent au taux horaire applicable aux adultes; augmentations accordées en octobre de chaque année.

Le tableau 1 ci-dessous indique le taux réel (horaire, mensuel, etc. selon le cas) des salaires minima nationaux exprimés en devise nationale en 2003 et 2004 ? Cf. les notes pour la figure 7 en ce qui concerne les dates d'application des taux (s’il y a plus d’une augmentation par an, le taux donné dans le tableau est celui qui suit le dernier en date).

Figure 1. Augmentation du salaire minimum national (taux pour les adultes) en 2003 et 2004 (%) en devise nationale*
Pays 2003 2004
Belgique
Mensuel EUR 1 186,31 EUR 1 210,00
Bulgarie
Horaire BGN 0,65 (EUR 0,33) BGN 0,71 (EUR 0,36)
Mensuel BGN 110,00 (EUR 56,44) BGN 120,00 (EUR 61,43)
République tchèque
Horaire CZK 36,90 (EUR 1,16) CZK 39,60 (EUR 1,24)
Mensuel CZK 6 200,00 (EUR 194,69) CZK 6 700,00 (EUR 210,09)
Estonie
Horaire EEK 12,90 (EUR 0,82) EEK 14,60 (EUR 0,93)
Mensuel EEK 2 160,00 (EUR 138,05) EEK 2 480,00 (EUR 158,50)
France
Horaire EUR 7,19 EUR 7,61
Mensuel EUR 1 215,59 EUR 1 286,09
Grèce .
Journalier EUR 23,59 EUR 25,01
Mensuel EUR 528,28 EUR 559,98
Hongrie
Horaire HUF 288,00 (EUR 1,14) HUF 305,00 (EUR 1,21)
Journalier HUF 2 304,00 (EUR 9,08) HUF 2 440,00 (EUR 9,70)
Hebdomadaire HUF 11 500,00 (EUR 45,34) HUF 12 000,00 (EUR 47,68)
Mensuel HUF 50 000,00 (EUR 197,14) HUF 53 000,00 (EUR 210,60)
Irlande
Horaire EUR 6,35 EUR 7,00
Lettonie
Horaire LVL 0,415 (EUR 0,65) LVL 0,474 (EUR 0,71)
Mensuel LVL 70 (EUR 109,26) LVL 80 (EUR 120,26)
Lituanie
Horaire LTL 2,67 (EUR 0,77) LTL 2,95 (EUR 0,85)
Mensuel LTL 450 (EUR 130,33) LTL 500 (EUR 144,81)
Luxembourg
Horaire EUR 8,11 EUR 8,31
Mensuel EUR 1 402,96 EUR 1 438,01
Malte
Hebdomadaire MTL 53.13 (EUR 124,69) MTL 53,88 (EUR 125,89)
Pays-Bas
Mensuel EUR 1 264,80 EUR 1 264,80
Pologne
Mensuel PLN 824.00 (EUR 187,29) PLN 860,00 (EUR 189,98)
Portugal
Mensuel EUR 356,60 EUR 365,60
Roumanie
Horaire ROL 14 591,47 (EUR 0,39) ROL 16 342,44 (EUR 0,40)
Mensuel ROL 2 500 000 (EUR 66,58) ROL 2 800 000 (EUR 69,12)
Slovaquie
Horaire SKK 35,00 (EUR 0,84) SKK 37,40 (EUR 0,93)
Mensuel SKK 6 080,00 (EUR 146,54) SKK 6 500,00 (EUR 162,41)
Slovénie
Mensuel SIT 111 484,00 (EUR 476,73) SIT 117 500,00 (EUR 491,45)
Espagne
Journalier EUR 15,04 EUR 16,36
Mensuel EUR 451,20 EUR 490,80
Royaume-Uni
Horaire GBP 4,50 (EUR 6,50) GBP 4,85 (EUR 7,14)

* Conversions en EUR, le cas échéant, sur la base des taux moyens annuels pour 2003 et 2004 calculés par la Banque centrale européenne.

Source: EIRO

Les taux dans le tableau 1 devraient être lus en combinaison avec les notes de la figure 7 ci-dessus en plus de ce qui suit.

  • Belgique: les taux mentionnés s’appliquent à des travailleurs âgés de 21 ans et plus; les travailleurs âgés de 21,5 ans et plus qui sont occupés depuis 6 à 12 mois ont obtenu EUR 1 219,01 en 2003 et EUR 1 243,36 en 2004; les travailleurs âgés de 21,5 ans disposant de plus de 12 mois de service ont reçu EUR 1 233,64 en 2003 et EUR 1 258,18 en 2004.
  • France: cf. note de la figure 7 pour connaître la signification du taux indiqué; le taux mensuel est basé sur un régime de 169 heures.
  • Pays-Bas: le chiffre désigne un taux brut; les taux nets étaient de EUR 1 030,00 en 2003 et EUR 1 051,00 en 2004.
  • Roumanie: les chiffres sont des taux bruts; les taux horaires nets étaient de ROL 12 105,67 en 2003 et ROL 13 539,01 en 2004; les taux mensuels nets étaient de ROL 2 074 100 en 2003 et ROL 2 319 680 en 2004.

Taux applicables aux jeunes

Les augmentations du salaire minimum et les taux présentés ci-dessus sont les taux pleins applicables aux adultes. Dix pays appliquent toutefois des taux moins élevés pour les jeunes ou les travailleurs moins expérimentés. Des informations détaillées à ce sujet sont présentées dans le tableau 2 ci-dessous.

Tableau 2. Salaire minimum national : taux moins élevés applicables aux jeunes travailleurs et aux travailleurs moins expérimentés en 2004
Pays % du taux plein Applicable aux
Belgique (cf. note du tableau 1 ci-dessus pour obtenir le détail des taux supplémentaires sur la base de l’âge et de l’expérience) 94% Travailleurs âgés de 20 ans
88% Travailleurs âgés de 19 ans
82% Travailleurs âgés de 18 ans
76% Travailleurs âgés de 17 ans
70% Travailleurs âgés de 16 ans et moins
République tchèque 90% Travailleurs âgés de 19 à 21 ans au cours des six premiers mois d’emploi
80% Travailleurs âgés de 18 ans et moins
Irlande 90% Travailleurs âgés de moins de 18 ans/travailleurs âgés de plus de 18 ans et suivant le dernier tiers (pendant un mois à un an) d’un cours de formation ou d’étude autorisé
80% Travailleurs âgés de 18 ans et plus en première année d’emploi/travailleurs âgés de plus de 18 ans et suivant le second tiers (pendant un mois à un an) d’un cours de formation ou d’étude autorisé
75% Travailleurs âgés de 18 ans et plus et suivant le premier tiers (pendant un mois à un an) d’un cours de formation ou d’étude autorisé
70% Travailleurs âgés de 18 ans et plus au cours de la seconde année d’emploi
Lettonie Taux horaire spécial Travailleurs âgés de 15 à 18 ans ne pouvant prester plus de 35 heures par semaine
Luxembourg 80% Travailleurs âgés de 17 ans
75% Travailleurs âgés de 15 et 16 ans
Malte 94.60% Travailleurs âgés de 17 ans
92.34% Travailleurs âgés de moins de 17 ans
Pays-Bas 85% Travailleurs âgés de 22 ans
72.5% Travailleurs âgés de 21 ans
61.5% Travailleurs âgés de 20 ans
52.5% Travailleurs âgés de 19 ans
45.5% Travailleurs âgés de 18 ans
39.5% Travailleurs âgés de 17 ans
34.5% Travailleurs âgés de 16 ans
30% Travailleurs âgés de 15 ans
Pologne 90% Seconde année d’occupation
80% Première année d’occupation
Slovaquie 75% Travailleurs âgés de 16 à 18 ans
50% Travailleurs âgés de moins de 16 ans
Royaume-Uni 84.54% 'Taux de développement' pour les travailleurs âgés de 18 à 21 ans inclus, ainsi que pour les travailleurs âgés de 22 ans et plus au cours des six premiers mois d’occupation d’un nouvel emploi auprès d’un nouvel employeur et qui suivent une formation reconnue.
61.86% Travailleurs âgés de 16 et 17 ans autres que les apprentis

Source: EIRO

Inégalités salariales entre les sexes

Les conditions salariales explicites des conventions collectives et des lois sur les salaires minima présentées ci-dessus ne font pas de distinction entre les sexes; elles ne prévoient pas de taux salarial différent ou d’augmentation différente pour les femmes et les hommes (ce qui serait bien sûr contraire à la législation nationale et européenne sur l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes). Dans la pratique cependant, il est un fait que les femmes, dans tous les pays étudiés, obtiennent en moyenne une rémunération moins élevée que les hommes. La figure 8 ci-dessous illustre ce fossé des rémunérations entre les sexes en exprimant le salaire moyen des femmes en pourcentage de celui des hommes.

Dans l’UE15 et en Norvège, le fossé des rémunérations entre les sexes le plus important est relevé en Autriche (26%) et le plus étroit, au Luxembourg (11%). D’autres pays où l’écart des salaires entre les hommes et les femmes est particulièrement faible sont l’Irlande, la Norvège, la France et le Danemark, ceux dont l'écart est comparativement élevé étant le Portugal, les Pays-Bas et la Finlande. L’écart des salaires entre les hommes et les femmes est en moyenne de 17,4% dans l’UE15 et la Norvège, soit une faible réduction par rapport au 18,6% notés dans une étude des données de 2003 et aux 19,2% et 20,4% trouvés dans nos études de 2002 et 2001. Des variations à la hausse et à la baisse d’une année à l’autre semblent caractéristiques des statistiques sur les salaires ventilés par sexe et il est peu probable que cette baisse soit significative sur une période aussi courte, tandis que certaines variations des chiffres s’expliquent par des changements au niveau de la source ou de a nature des données utilisées. Quoi qu’il en soit, lorsque des données individuelles par pays sont disponibles pour plusieurs années, elles laissent souvent apparaître de légères réductions de l’écart de rémunération entre les sexes, notamment en Belgique, au Danemark, en Finlande, en Irlande et au Royaume-Uni.

Dans les nouveaux États membres, c’est en République tchèque (25,1%) que l’écart des rémunérations par sexe est le plus large et à Malte (3,6%) qu’il est le plus faible. Les autres pays présentant un écart de rémunération par sexe notablement faible sont la Slovénie et la Hongrie, l’Estonie, Chypre et la Slovaquie ayant, en revanche, un écart comparativement large. Moyennant les mises en garde susmentionnées, le fossé semble se réduire actuellement dans les pays tels que la République tchèque et Malte. L’écart moyen dans les nouveaux États membres avoisine les 17,4%, ce qui correspond au niveau enregistré dans l’UE15 et la Norvège.

L’écart moyen de rémunérations entre les sexes dans l’UE25 élargie est de 17,5% et dans les 28 pays examinés, de 17,3%.

Alors que les chiffres ci-dessus fournissent un vaste aperçu de la situation, il convient d’attirer l’attention sur les différences existant entre les méthodes de calcul des pays qui sont soulignées dans les notes ci-dessous. Les problèmes considérables rencontrés lors de la compilation et de la comparaison des statistiques de rémunérations par sexe ont été exposés dans une étude comparative réalisée par l’EIRO en 2001 ? TN0201101S. (Mark Carley, SPIRE Associates)

Figure 8. Salaire moyen des femmes en % par rapport au salaire moyen des hommes, chiffres les plus récents

Figure 8. Salaire moyen des femmes en % par rapport au salaire moyen des hommes, chiffres les plus récents

Remarques: les chiffres concernent l'année 2004 sauf * 2002, ** 2000, *** 2003, **** 1998 et ***** 2001; les chiffres se rapportent au salaire horaire moyen sauf indication contraire dans les notes ci-dessous.

Source: EIRO

Les chiffres de la figure 8 doivent être lus en même temps que les notes ci-après.

  • Autriche: chiffre communiqué par l’Institut autrichien de recherche économique (WIFO), représentant 81 à 83%.
  • Belgique: le chiffre communiqué par l’INS/NIS fait référence au salaire mensuel primaire moyen de travailleurs à temps plein du secteur privé.
  • Bulgarie: le chiffre, notifié par le NSI, fait référence au salaire moyen des femmes exprimé en pourcentage du salaire des hommes au cours des neuf premiers mois de l’année.
  • Chypre: chiffre approximatif du Service des statistiques de Chypre.
  • République tchèque: chiffre du ministère du Travail et des Affaires sociales se référant aux six premiers mois de l’année.
  • Danemark: le chiffre provient de l’Institut de statistique du Danemark et se rapporte au secteur privé; le chiffre équivalent pour le secteur public national était de 89,7% et pour le secteur public local de 87,9%.
  • Estonie: le chiffre est basé sur des données extraites de l’étude des salaires horaires et des rémunérations de l’Office de la statistique d’Estonie.
  • Finlande: le chiffre émanant de l’Office des statistiques de Finlande inclut les enseignants du secteur public (79,6% si on exclut ce groupe) et suppose que les heures de travail sont les mêmes pour les enseignants masculins et féminins.
  • France: chiffre de l’INSEE
  • Allemagne: le chiffre, provenant de l’Office fédéral des statistiques, concerne uniquement les travailleurs manuels; le chiffre équivalent pour les travailleurs non manuels était de 70,5%.
  • Grèce: le chiffre est une estimation d’Eurostat.
  • Hongrie: le chiffre est la moyenne de diverses estimations.
  • Irlande: le chiffre, communiqué par le CSO, se rapporte au mois de septembre 2004.
  • Italie: le chiffre, notifié par la Banque d’Italie, se rapporte au revenu annuel.
  • Lettonie: le chiffre, issu du CSP, fait référence au salaire mensuel brut moyen.
  • Lituanie: le chiffre qui provient de l’Institut de la statistique lituanien concerne les revenus bruts au cours du troisième trimestre de l’année.
  • Luxembourg: le chiffre émane du Centre d'études de populations, de pauvreté et de politiques Socio-économiques/International Networks for Studies in Technology, Environment, Alternatives, Development (CEPS/INSTEAD).
  • Malte: chiffre basé sur les données de l’Office national des statistiques
  • Pays-Bas: chiffre de l’Inspection du travail
  • Norvège: le chiffre est une moyenne pour les salariés à plein temps dans la plupart des secteurs; il est basé sur les statistiques des salaires de l’Institut norvégien de la statistique.
  • Pologne: chiffre extrait de l’étude sur les emplois et les revenus du GUS
  • Portugal: chiffre communiqué par la DETEFP
  • Roumanie: produit par l’INS, le chiffre se rapporte au salaire mensuel brut moyen en octobre.
  • Slovaquie: le chiffre provient de l’Office slovaque de la statistique.
  • Slovénie: transmis par l’UMAR, le chiffre est basé sur les données de la SURS. Il se réfère aux revenus mensuels moyens (bruts) des femmes exprimés en pourcentage des revenus des hommes.
  • Espagne: chiffre de l’enquête sur les salaires réalisée par l’INE
  • Suède: le chiffre de l’Institut suédois de la statistique se rapporte au salaire mensuel.
  • Royaume-Uni: le chiffre est extrait de la nouvelle étude sur les revenus de l’ONS; il se rapporte au salaire horaire moyen (heures supplémentaires non comprises) des salariées à temps plein rémunérées plutôt qu’aux revenus; pour les revenus (hebdomadaires) des travailleuses à temps plein, le chiffre serait de 77,5% en 2004.